Format :
- Dramma burlesco en 3 actes.
- Musique : Filippo Acciaiuoli.
- Livret : Attribué à Filippo Acciaiuoli lui-même ou à un poète de son entourage immédiat.
- Langue : Italien.
Création :
1682, à Rome.
À l’âge de 45 ans, le comte Filippo Acciaiuoli est une figure excentrique et fascinante du Seicento romain : à la fois noble, poète, compositeur, inventeur de génie et impresario. Profondément imprégné du théâtre vénitien et des expérimentations baroques de compositeurs tels que Bernardo Pasquini ou Alessandro Stradella, il se distingue par son goût prononcé pour l’ironie, les machines théâtrales sophistiquées (notamment son célèbre théâtre de marionnettes) et le grotesque.
Livret :
Inspiré par la verve comique populaire et le théâtre de tréteaux, le livret développe une satire mordante des mœurs de l’époque. Le titre, qui se traduit par « Que celui qui est cause de son propre malheur ne pleure que sur lui-même », annonce un argument à portée morale mais traité sous l’angle de la farce burlesque, rompant avec le sérieux des grands mythes pastoraux ou historiques habituels de l’opera seria naissant.
Intrigue :
- Acte I : Présentation des personnages, englués dans leurs propres intrigues amoureuses et leurs vanités. Un protagoniste prétentieux élabore un plan tordu pour séduire une dame ou s’enrichir, s’attirant les faveurs douteuses de serviteurs rusés.
- Acte II : Les quiproquos s’enchaînent. Les déguisements et les identités feintes viennent saboter le plan initial, tandis que les personnages secondaires profitent de la confusion pour tirer leur épingle du jeu dans des scènes hautement parodiques.
- Acte III : Le piège se referme sur son propre instigateur. Démasqué et humilié publiquement, le protagoniste se retrouve ruiné par ses propres ruses. Le chœur final ou l’ensemble des solistes adresse la morale au public, soulignant la signification du proverbe-titre.
Postérité :
L’œuvre témoigne de l’incroyable liberté de ton de la Rome du XVIIe siècle, avant la réforme arcadienne qui viendra purger l’opéra de ses éléments comiques. Si la partition complète est aujourd’hui une rareté absolue explorée uniquement par de rares ensembles baroques et des musicologues spécialisés, Chi è cagion del suo mal pianga se stesso demeure une étape captivante dans la genèse de l’opéra-comique italien, révélant un Acciaiuoli non seulement comme impresario, mais comme authentique homme de théâtre satirique.

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