Format :
- Opéra romantique en trois actes, avec ballet.
- Musique : Johann Joseph Abert.
- Livret : Ernst Heinrich Anton Pasqué, d’après des épisodes de la vie du compositeur Emanuele d’Astorga.
- Langue : allemand.
Création :
27 mai 1866, au Hoftheater de Stuttgart.
Abert a alors trente-quatre ans et dispose déjà d’une solide réputation comme compositeur symphonique et théâtral. Astorga témoigne d’une esthétique romantique ambitieuse, avec de grands ensembles, des épisodes choraux et un ballet, mais sans adopter le principe wagnérien de la mélodie continue. L’orchestre conserve une fonction dramatique importante tout en demeurant lisible et relativement classique dans ses proportions.
Livret :
Ernst Pasqué construit le drame à partir d’épisodes légendaires et biographiques associés au compositeur et musicien Emanuele d’Astorga. L’action est située à Parme vers 1705 et transforme la figure historique du musicien en héros romantique pris entre amour, jalousie, pouvoir politique et menace de mort. Le sujet permet à Abert d’associer une intrigue intime à une vaste peinture de cour.
Intrigue :
- Acte I : À Parme, Astorga, musicien de talent, se trouve pris dans les intrigues de la cour du duc Francesco Farnese. Ses relations avec Angioletta et avec les personnages nobles qui l’entourent l’exposent aux jalousies et aux rivalités politiques. Un grand ensemble et un épisode de ballet donnent à l’ouverture de l’œuvre une dimension spectaculaire.
- Acte II : Les passions se durcissent. Les adversaires d’Astorga cherchent à exploiter sa position fragile à la cour, tandis que les sentiments amoureux deviennent indissociables des enjeux politiques. Le musicien apparaît de plus en plus comme une victime du monde aristocratique qui l’entoure.
- Acte III : Les intrigues atteignent leur paroxysme. Astorga est menacé et les personnages doivent choisir entre vengeance, fidélité et amour. La résolution tragique transforme le destin du musicien en symbole de l’artiste romantique broyé par les passions et les violences de son époque.
Postérité :
Astorga fut l’un des opéras d’Abert les mieux diffusés de son vivant. Après Stuttgart, il fut donné à Leipzig, Vienne, Bâle, Prague et Posen, et une édition de la partition vocale fut publiée par Breitkopf & Härtel. Une traduction française fut également publiée à Paris et une version tchèque vit le jour à Prague. Malgré cette diffusion, l’œuvre disparut progressivement du répertoire au cours du XXe siècle. Elle demeure néanmoins l’un des témoignages les plus intéressants du grand opéra romantique allemand avant la domination du modèle wagnérien.

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