Note personnelle : ,

Abbà Cornaglia, Pietro — Una partita a scacchi (1892)

Format :

  • Opéra en un acte, précédé d’un prologue.
  • Musique : Pietro Abbà Cornaglia.
  • Livret : Giuseppe Giacosa, d’après sa propre légende dramatique médiévale Una partita a scacchi, écrite en vers martelliens.
  • Langue : italien.

Création :

13 février 1892, au Teatro Fraschini de Pavie.
Pietro Abbà Cornaglia a alors quarante ans et se trouve à la fin d’une carrière brève mais éclectique de compositeur, pianiste, organiste et pédagogue. L’orchestration avait été achevée plusieurs années auparavant, et le prélude avait déjà été exécuté en concert. L’ouvrage appartient à une esthétique de mélodrame italien tardif, attachée à la clarté mélodique et à une orchestration colorée, mais demeurant volontairement à distance des innovations les plus radicales de la scène italienne contemporaine.

Livret :

Giuseppe Giacosa avait écrit Una partita a scacchi comme une légende dramatique en un acte, représentée pour la première fois à l’Accademia Filarmonica de Naples le 30 avril 1873. Le texte, construit en vers martelliens, transpose dans un cadre médiéval une intrigue de duel amoureux dont le jeu d’échecs devient à la fois le ressort dramatique et la métaphore du choix matrimonial. Abbà Cornaglia conserva les vers de Giacosa, mais les adapta aux nécessités du chant et de la forme musicale, donnant à la pièce une structure opératique resserrée.

Intrigue :

  • Acte unique : Dans le château du comte Renato, en Vallée d’Aoste, au Moyen Âge, la jeune Iolanda refuse les nombreux prétendants que son père voudrait lui voir épouser. Arrivent le comte de Fombrone et son jeune page Fernando, qui vient de sauver la vie de son maître. Irrité par l’assurance du jeune homme, Renato lui propose un défi singulier : affronter Iolanda aux échecs. S’il gagne, Fernando obtiendra la main de la jeune fille ; s’il perd, il sera mis à mort. Fernando accepte. Au cours de la partie, Iolanda, séduite par son courage et sa délicatesse, tombe amoureuse de lui. Alors qu’elle pourrait facilement gagner, elle choisit volontairement de laisser Fernando lui donner échec et mat. Le pari est ainsi remporté par le jeune homme, mais le véritable triomphe est celui de l’amour : Renato, comprenant la ruse et renonçant à sa sévérité, bénit l’union des deux jeunes gens.

Postérité :

Una partita a scacchi fut accueillie favorablement lors de sa création à Pavie : la presse signala notamment le succès du prélude et de la romance de Fernando, tandis que l’auteur reçut plusieurs rappels. Une critique publiée quelques années plus tard reprocha cependant à Abbà Cornaglia d’avoir parfois sacrifié le contenu dramatique à la régularité des vers martelliens, tout en reconnaissant la richesse mélodique et la variété rythmique de la partition. Le jugement est révélateur de la position esthétique du compositeur, dont le langage apparaissait déjà quelque peu en retrait par rapport aux orientations les plus modernes de l’opéra italien.

L’œuvre connut une importante résurrection moderne le 2 décembre 2005 au Teatro Comunale d’Alessandria, sous la direction de Marcello Rota, dans une mise en scène de Beppe De Tomasi, avec notamment Tiziana Fabbricini, Giovanni Manfrin, Omar Montanari et Simone Alberti. Cette reprise a contribué à replacer Abbà Cornaglia dans l’histoire musicale d’Alessandria et à rappeler l’intérêt de son théâtre lyrique. Una partita a scacchi demeure néanmoins une rareté du répertoire, principalement connue aujourd’hui par les sources musicales et les restitutions ponctuelles plutôt que par une présence régulière sur scène.

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