Note personnelle : ,

Rimski-Korsakov, Nikolaï — Golden Cockerel (1909)

Format :

  • Opéra en trois actes avec prologue et épilogue (Zolotoï pétouchok, Le Coq d’or).
  • Musique : Nikolaï Rimski-Korsakov (1844-1908), partition achevée en 1907 : c’est son dernier opéra complet.
  • Livret : Vladimir Belski, d’après Le Conte du coq d’or (1834) de Pouchkine.
  • Langue : russe (souvent chanté en français, Le Coq d’or).

Création :

7 octobre 1909, Théâtre Solodovnikov, Moscou, par l’Opéra Zimine.
La création, un an après la mort du compositeur, est dirigée par Emil Cooper dans des décors d’Ivan Bilibine, avec notamment Nikolaï Speranski (Dodon), Aurélia-Cécile Dobrovolskaïa (la reine de Chemakha) et Vladimir Pikok (l’Astrologue). Le Bolchoï en donne sa propre production le 6 novembre 1909 sous la direction de Viatcheslav Souk, avec Vassili Ossipov (Dodon) et Antonina Nejdanova (la reine). Rimski-Korsakov, qui avait cru La Légende de la ville invisible de Kitège son testament musical, écrit en réaction au climat politique une satire très acérée de l’autocratie, de l’impérialisme russe et de la guerre russo-japonaise, après le grand succès de son Tsar Saltan d’après Pouchkine.

Livret :

Belski adapte le poème de Pouchkine en en faisant un conte politique. Dès début 1908, la censure impériale exige de nombreux changements dans le livret et dans le texte de Pouchkine ; Rimski-Korsakov, qui soupçonne une dénonciation, refuse de céder, et le gouverneur général de Moscou s’oppose en juin 1908 à l’ouvrage. Dans sa dernière lettre, le compositeur demande à un ami de proposer une mise en scène à Paris ; il meurt deux jours plus tard.

Intrigue :

  • Prologue : L’Astrologue s’adresse au public devant le rideau et promet un conte porteur d’une vraie morale.
  • Acte I : Le tsar Dodon, souverain naïf et indolent, redoute une menace venue du royaume voisin de Chemakha, gouverné par une belle reine. L’Astrologue lui offre un coq d’or magique, qui avertit du danger. Dodon envoie ses deux fils à la guerre : ils s’entretuent.
  • Acte II : Dodon prend lui-même la tête de l’armée, mais, à la vue de la reine, le coq le rend épris d’elle. Elle exécute une danse séduisante, et la tentative maladroite de Dodon pour danser avec elle tourne au désastre ; elle obtient de lui une demande en mariage et l’accepte.
  • Acte III et épilogue : Lors des noces, l’Astrologue réclame la reine pour récompense de son aide ; Dodon, furieux, le tue, et le coq tue Dodon. La reine et l’oiseau disparaissent, puis l’Astrologue revient expliquer que tout n’était qu’illusion.

Enregistrement(s) :

Alexandre Gauk — 1951

Format : CD, dans le coffret « Complete Operas and Fragments » (25 CD, enregistrements du Théâtre Bolchoï, 1927-1963).
Label : Profil (Edition Günter Hänssler)
Référence : PH19010 (coffret ; parution en 2020)
Année d’enregistrement : 1951, enregistrement de radio en studio ; date précise non indiquée.
Distribution :

  • Dodon : Alexeï Korolev, basse
  • La reine de Chemakha : Nadejda Kazantseva, soprano
  • L’Astrologue : Pavel Pontriaguine, ténor
  • Amelfa : Antonina Klechtcheva, contralto
  • Autres solistes (rôles non précisés) : Pavel Tchekine, Levon Khatchatourov, Sergueï Krasovski, Lina Choukhat, Georgi Vinogradov

Direction : Alexandre Gauk
Orchestre : Orchestre symphonique et Chœur de la Radio de toute l’Union
Langue : russe

Particularité :

Premier enregistrement en studio de l’ouvrage, très rare avant sa reparution chez Aquarius (AQVR 350, 2011), puis dans le coffret Profil. Un critique a loué l’accompagnement sensible de Gauk et la souplesse des chanteurs, qui n’ont jamais à forcer la voix ; un autre a trouvé la prise de son étonnamment bonne pour 1951, quoique un peu dure et granuleuse.

Dimiter Manolov — 1996

Format : 2 CD.
Label : Capriccio (DDD)
Référence : 10 760/61
Année d’enregistrement : 1985, studio ; parution en 1996.
Distribution :

  • Le tsar Dodon : Nicolaï Stoilov, basse
  • Le prince Gvidon : Ljubomir Bodurov
  • Le prince Afron : Emil Ugrinov
  • Le général Polkan : Kosta Videv
  • Amelfa, intendante royale : Evgenia Babatcheva, contralto
  • L’Astrologue : Lyubomir Diakovski, ténor
  • La reine de Chemakha : Elena Stoyanova, soprano
  • Le Coq d’or : Yavora Stoilova, soprano

Direction : Dimiter Manolov
Orchestre : Orchestre et Chœur de l’Opéra national de Sofia
Langue : russe

Particularité :

Enregistrement bulgare, publié avec les titres en anglais, allemand et français (The Golden Cockerel · Der goldene Hahn · Le Coq d’or). Un critique le juge de bonne qualité sonore mais plus lent que les versions russes, loue la voix riche du Dodon de Nicolaï Stoilov et la reine d’Elena Stoyanova, « régulière, pure et impressionnante », mais estime que les possesseurs de la version Melodiya n’ont pas à se précipiter pour l’acquérir.

Postérité :

Interdite par la censure, l’œuvre ne fut pas donnée du vivant du compositeur. La production de Diaghilev à Paris en 1914, où les chanteurs chantaient en coulisses tandis que des danseurs jouaient sur scène, fit date et influença Stravinski. Le Coq d’or gagna Londres et Paris en 1914 et le Metropolitan Opera en 1918, où il resta au répertoire jusqu’en 1945 ; Covent Garden le monta en 1954, puis le Mariinsky en 2014 et la Monnaie de Bruxelles en 2016. La critique y voit à la fois la somme de la tradition nationaliste de Glinka et du Groupe des Cinq et une œuvre pionnière du modernisme, précurseur des « anti-opéras » absurdistes de Prokofiev et Chostakovitch.

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