Note personnelle : ,

Rebel, Jean-Féry — Ulysse (1703)

Format :

  • Tragédie en musique (tragédie lyrique) en un prologue et cinq actes.
  • Musique : Jean-Féry Rebel (1666-1747).
  • Livret : Henry Guichard (Henri Guichard d’Hérapine).
  • Langue : français.

Création :

Janvier 1703 (le 21 ou le 23 selon les sources), Académie royale de musique, Paris.
Rebel, alors âgé de trente-six ans, violoniste et compositeur de la cour de Louis XIV, signe avec Ulysse sa seule tragédie en musique, dans la tradition de Lully. L’ouvrage est un échec : les sources divergent sur le nombre de représentations (une seule, interrompue par les sifflets, selon certaines ; de cinq à dix selon d’autres), mais il ne fut jamais repris à l’Opéra. Quelques danses survécurent dans des recueils, notamment le Recueil de danses de Feuillet (1704), et des extraits furent réutilisés en 1704 dans Télémaque, ou les Fragments des modernes (Campra et Danchet). La partition imprimée par Ballard en 1703 étant incomplète, les parties manquantes (altos et chœurs) ont été retrouvées à Uppsala, en Suède.

Livret :

Henry Guichard, alors âgé d’environ soixante-dix ans, s’inspire très librement de l’Odyssée et centre l’action sur Circé, la magicienne délaissée par Ulysse. Dans son Avertissement, il reconnaît avoir dû situer toute l’action à Ithaque pour respecter l’unité de lieu, ce qui l’oblige à faire revenir Circé dans l’île. Le livret fut jugé médiocre par la critique de l’époque comme par celle d’aujourd’hui.

Intrigue :

  • Prologue : Dans une forêt, Orphée chante la gloire d’Ulysse et annonce le récit de ses travaux.
  • Acte I : À Ithaque, Urilas aime Pénélope sans être aimé. Circé, qui veut se venger d’Ulysse, envoie des génies déguisés en Jeux et en Plaisirs pour séduire Pénélope, qui résiste.
  • Acte II : Junon protège Pénélope. Circé invoque les Furies et apprend le retour d’Ulysse, qu’elle décide de piéger.
  • Acte III : Ulysse revient sans reconnaître Ithaque. Les Furies, déguisées en Tritons, l’attirent dans un palais enchanté ; Circé lui remet une épée magique et lui jure son amour.
  • Acte IV : Euriloque délivre Ulysse du sortilège. Furieuse, Circé transforme des Grecs en rochers, rend leur apparence aux compagnons d’Ulysse puis les aveugle. Mercure intervient, et Circé décide de se venger sur Télémaque.
  • Acte V : Ulysse triomphe au combat et retrouve Pénélope. Circé enlève Télémaque et menace de le tuer, mais Pallas intervient ; Circé renonce à sa vengeance et se résigne à fermer son cœur à l’amour.

Enregistrement :

Hugo Reyne — 2007

Format : 2 CD (durée totale : 2 h 05 min 40 s), avec commentaire et livret.
Label : Musiques à la Chabotterie.
Référence : 605003.
Année d’enregistrement : 9 et 10 juillet 2007 (parution en novembre 2007).
Distribution :

  • Circé : Guillemette Laurens, bas-dessus (mezzo-soprano)
  • Pénélope : Stéphanie Révidat, dessus (soprano)
  • Ulysse : Bertrand Chuberre, basse-taille (baryton)
  • Orphée, Un Génie, Euriloque, Mercure, Télémaque : Vincent Lièvre-Picard, haute-contre
  • Céphalie, Pallas : Céline Ricci, dessus (soprano)
  • Urilas : Bernard Deletré, basse
  • Euphrosine, Junon : Eugénie Warnier, dessus (soprano)
  • Un Sauvage : Thomas van Essen, basse-taille (baryton)

Direction : Hugo Reyne
Orchestre : La Simphonie du Marais ; Le Chœur du Marais (Les Solistes du Marais)
Langue : français

Particularité :

Premier enregistrement de cette partition redécouverte, réalisé grâce aux recherches de Catherine Cessac, et salué à sa sortie par la presse spécialisée (Choc du Monde de la musique, Recommandé par Classica, cinq sur cinq dans Diapason et Opéra Magazine). La critique y distingue surtout la Circé de Guillemette Laurens, « divine de voix, de diction, d’autorité et de charme », la haute-contre de Vincent Lièvre-Picard, des chœurs somptueux et une direction théâtrale et attentive au détail ; Diapason relève toutefois des seconds rôles inégaux et un orchestre un peu irrégulier. La couverture reproduit Ulysse remet Chryséis à son père de Claude Lorrain (musée du Louvre).

Postérité :

Longtemps oubliée, Ulysse n’a retrouvé la scène qu’avec une reprise à Helsinki en 2000, puis avec le concert et l’enregistrement de Hugo Reyne en 2007. La critique moderne en apprécie l’écriture orchestrale, très riche, qui annonce Rameau dans les scènes de batailles, de tempêtes et de tremblement de terre, ainsi que les chœurs, la scène de Pénélope et le rôle de Circé, héritière de l’Armide de Lully ; les rôles d’Ulysse et de Pénélope, comme le livret, sont jugés plus faibles.

Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *