Format :
- Opera seria (melodramma serio) en deux actes.
- Musique : Johann Simon (Giovanni Simone) Mayr (1763-1845).
- Livret : Bartolomeo Merelli (1794-1879), d’après un livret de Gaetano Rossi.
- Langue : italien.
Création :
26 décembre 1819, Teatro della Società, Bergamo.
Mayr, installé à Bergamo, choisit sa ville d’adoption pour la création : c’est le seul opéra qu’il y a écrit pour sa cité. Plusieurs ouvrages de référence anciens indiquent à tort une création à Rome en 1818. La première distribution réunissait Rosa Mariani (Alfredo/Elfrido), Domenico Bertozzi (Gutrumo), Margherita Bonsignori (Alsvita), Pietro Sangiovanni (Etelberto), Marietta Bramati (Alinda) et Giuseppe Pontiroli (Amundo). Les journaux rapportent un véritable « furore », même si un article viennois de 1820 estime que seul le second acte a été accueilli avec enthousiasme.
Livret :
Mayr, qui s’était déjà tourné vers l’Angleterre médiévale pour La rosa bianca e la rosa rossa (1813) et Le due duchesse (1814), confie à son élève Bartolomeo Merelli, futur impresario de la Scala, l’adaptation d’un ancien livret de Gaetano Rossi, Eraldo ed Emma (La Scala, 1805), sur un sujet écossais. Merelli en retient un épisode de l’an 878, lors des guerres contre les Danois : le roi Alfred le Grand, abandonné de ses vassaux, parcourt le pays incognito sous les traits d’un barde-harpiste nommé Elfrido, attaque l’ennemi et délivre sa bien-aimée Alsvita. Il rend la légende plus opératique tout en conservant la caractérisation et l’enchaînement des scènes de Rossi.
Intrigue :
- Acte I : Le Danois Gutrumo prépare l’assaut d’un château où le roi anglo-saxon Alfred avait trouvé refuge, avant de s’enfuir. Alsvita, fille du châtelain Etelberto, et sa confidente Alinda s’inquiètent pour Elfrido, qui n’est autre qu’Alfred sous une identité cachée. Celui-ci revient seul au château, retrouve ses guerriers et sauve Alsvita de soldats danois ; les deux amants se déclarent leurs sentiments. Gutrumo se présente en vainqueur et demande la main d’Alsvita en échange de la paix ; Elfrido surgit et s’y oppose, tandis que les troupes de Gutrumo encerclent déjà le château.
- Acte II : Gutrumo s’est emparé du château, menace Etelberto de mort et s’apprête à épouser Alsvita. On annonce la mort d’Elfrido, nouvelle qu’il a lui-même fait répandre. Déguisé en barde écossais, il chante en s’accompagnant à la harpe, puis avoue la vérité à Alsvita. Gutrumo, furieux, le fait enchaîner, mais des partisans déguisés en bergers le libèrent. Alsvita, emprisonnée, est secourue par Etelberto et Elfrido. Devant le peuple, Elfrido se révèle être le roi Alfred : l’Angleterre est libre après cinq ans de guerre, Gutrumo est lui-même gracié et la paix revient.
Enregistrement :

Franz Hauk — 2022
Format : 2 CD (première mondiale au disque)
Label : Naxos
Référence : 8.660483-84
Année d’enregistrement : 18-25 août 2019, Kongregationssaal, Neuburg an der Donau (Allemagne) ; publié en 2022.
Distribution :
- Alfredo / Elfrido : Marie-Luise Dressen, mezzo-soprano
- Gutrumo : Markus Schäfer, ténor
- Etelberto : Daniel Ochoa, basse
- Alinda : Anna Feith, soprano
- Alsvita : Sophia Körber, soprano
- Amundo : Philipp Polhardt, ténor
Direction : Franz Hauk (également au clavecin)
Orchestre : Concerto de Bassus (premier violon : Dmitry Lepekhov) ; Simon Mayr Chorus ; membres du Chœur de l’Opéra d’État de Bavière
Langue : italien
Particularité :
Première mondiale au disque, dans une édition critique de Franz Hauk et Manfred Hößl, d’après la version originale de 1819. Elle s’inscrit dans l’édition discographique des opéras de Mayr menée par le Simon Mayr Chorus de Neuburg.
Postérité :
L’œuvre fut reprise à la Scala de Milan à l’automne 1820 (26 représentations) et au Teatro Grande de Brescia à l’été 1822, puis disparut du répertoire. Elle a inspiré indirectement l’Alfredo il Grande de Donizetti (Naples, 1823), sur un livret distinct d’Andrea Leone Tottola. Pour le musicologue Thomas Lindner, cette partition de grande ampleur, avec ses vastes chœurs et ses mélodies sensuelles, a influencé la génération suivante (Donizetti, Bellini, Mercadante, Pacini, Vaccai) et contribué au développement du melodramma romantico.

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