Note personnelle : ,

Glinka, Mikhaïl — A Life for the Tsar (1836)

Format :

  • Opéra (« opéra patriotique-héroïque tragique ») en quatre actes et un épilogue.
  • Musique : Mikhaïl Glinka (1804-1857).
  • Livret : baron Egor Rozen, avec des contributions de Vassili Joukovski, Nestor Koukolnik et Vladimir Sollogoub.
  • Langue : russe.

Création :

9 décembre 1836 (27 novembre selon le calendrier julien), Théâtre Bolchoï Kamenny, Saint-Pétersbourg, sous la direction de Catterino Cavos.
Glinka, âgé de 32 ans, revenait d’un séjour en Italie et en Allemagne et voulait doter la Russie d’un grand opéra national entièrement chanté, sans dialogues parlés. Le titre initial, Ivan Soussanine, fut remplacé par Une vie pour le tsar (La Vie pour le Tsar en français) après que le tsar Nicolas Ier eut assisté à une répétition. La création fut un triomphe et l’œuvre est considérée comme le point de départ de l’opéra russe moderne.

Livret :

Le sujet, suggéré à Glinka par le poète Joukovski, est tiré de la légende du paysan Ivan Soussanine qui, en 1613, aurait égaré dans une forêt impénétrable un détachement polonais lancé à la poursuite du jeune Michel Romanov, tout juste élu tsar, et aurait payé de sa vie ce sacrifice. Le livret fut rédigé en russe par le baron Egor Rozen, secrétaire de l’héritier du trône, avec des retouches de Joukovski, Koukolnik et Sollogoub. Le livret original étant monarchiste, une version soviétique fut plus tard réalisée par Sergueï Gorodetski (1939) sous le titre Ivan Soussanine.

Intrigue :

  • Acte I : village de Domnino. Antonida, fille de Soussanine, souhaite épouser le milicien Bogdan Sobinine, mais son père refuse de donner son accord tant qu’un tsar n’aura pas été élu. Sobinine annonce que l’assemblée a choisi Michel Romanov : la joie éclate et les fiançailles sont permises.
  • Acte II : Pologne, salle de fête d’un palais. La noblesse polonaise célèbre ses victoires en dansant (polonaise, krakowiak, valse, mazurka). Un messager apporte la nouvelle de l’élection du tsar Michel, caché en lieu sûr ; les Polonais jurent de le renverser.
  • Acte III : la maison de Soussanine. Vanya, son fils adoptif, chante ; les préparatifs du mariage commencent. Des soldats polonais font irruption et exigent que Soussanine les conduise jusqu’au tsar. Il envoie secrètement Vanya prévenir le souverain et accepte de guider les soldats, laissant Antonida en larmes.
  • Acte IV : Vanya donne l’alarme au monastère où se trouve le tsar. Dans la forêt enneigée, Soussanine égare les Polonais toute la nuit ; à l’aube, ceux-ci découvrent la ruse et le tuent.
  • Épilogue : Place Rouge, à Moscou. Antonida, Sobinine et Vanya pleurent Soussanine, puis le peuple acclame le tsar dans le grand chœur final « Slavsya » (« Gloire à toi »).

Enregistrement(s) :

Igor Markevitch — 1957

Format : 3 LP mono (1959), rééditions en 2 CD.
Label : EMI (His Master’s Voice ; La Voix de son Maître en France).
Référence : HMV ALP 1613-1615 (LP) ; La Voix de son Maître FALP 505-507 ; Capitol-EMI GCR 7163 ; EMI 69698 (2 CD).
Année d’enregistrement : 1957 (date et lieu précis non documentés dans les sources consultées).
Distribution :

  • Ivan Soussanine : Boris Christoff, basse
  • Antonida : Teresa Stich-Randall, soprano
  • Bogdan Sobinine : Nicolai Gedda, ténor
  • Vanya : Melanija Bugarinović, contralto
  • Sigismond, roi de Pologne / Un soldat russe : Djurdje Djurdjevic, basse
  • Un messager polonais : Zhika Jovanović, ténor

Direction : Igor Markevitch
Orchestre : Orchestre des Concerts Lamoureux ; Chœurs de l’Opéra national de Belgrade
Langue : russe

Particularité :

Cette version est l’un des grands témoignages de l’œuvre enregistrés hors d’Union soviétique. Elle réunit le plus grand Soussanine de l’époque, Boris Christoff (qui avait déjà chanté le rôle en italien à la RAI en 1954), la soprano américaine Teresa Stich-Randall et le jeune ténor suédois Nicolai Gedda, d’ascendance russe par son père. Igor Markevitch, né à Kiev, dirige avec un sens du drame et une énergie rythmique remarquables un orchestre français, tandis que les chœurs sont ceux de l’Opéra de Belgrade, apportant une couleur slave à l’ensemble. La partition utilisée est celle de l’édition Rozen-Glinka révisée par Rimski-Korsakov et Glazounov, selon les crédits de l’édition originale.

Postérité :

Devenue en Russie l’ouvrage d’ouverture obligé des saisons des théâtres impériaux, Une vie pour le tsar connut son apogée lors des fêtes du tricentenaire des Romanov en 1913. Après la Révolution, l’œuvre fut proscrite puis reprise en 1939 sous le titre Ivan Soussanine avec un livret expurgé de Gorodetski ; le chœur final fut conservé avec un texte nouveau et fut joué lors du défilé de la Victoire de 1945. Les enregistrements se sont multipliés : Bolchoï (Reizen, 1950 ; Nesterenko, 1979), Simonetto (1954, en italien) et Markevitch (1957).

 

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