Format :
- Genre commedia per musica (opera bouffe) en deux actes.
- Musique : Valentino Fioravanti
- Livret : Giuseppe Palomba
- Langue : italien
Création :
Janvier 1799, Teatro dei Fiorentini, Naples.
Créée à Naples dans une période particulièrement troublée — la ville sort tout juste des guerres sanglantes contre les armées françaises et des luttes civiles qui les ont accompagnées —, l’œuvre y connaît un succès triomphal, salué comme une bouffée d’air salutaire après ces années difficiles. Loin de se limiter à une farce convenue, le public y goûte une parodie savoureuse et légèrement douce-amère du monde du théâtre lyrique et de ses conventions. Le succès est foudroyant : la comédie se répand très rapidement à travers l’Europe, jouée à Milan, Venise et Rome avant de connaître un accueil triomphal à Lisbonne, où Fioravanti est appelé à diriger le Teatro São Carlos et reçoit ensuite des commandes pour Paris et Londres. Elle demeure aujourd’hui l’œuvre la plus célèbre et la plus jouée de son auteur.
Livret :
Giuseppe Palomba, l’un des librettistes les plus prolifiques du théâtre napolitain de son temps, situe l’action à Casoria, aux environs de Naples, et y campe une galerie de villageoises et de maîtres de chant plus ridicules les uns que les autres.
Intrigue :
- Acte I : Sur la place du village de Casoria, quatre paysannes — Rosa, Agata, Giannetta et Nunziella — chantent en travaillant. Don Bucefalo, maître de chant autoproclamé, les entend et, flatteur, leur propose de les former pour la scène lyrique. Rosa révèle avoir été autrefois au service d’une cantatrice à Florence, tandis qu’Agata se targue d’une expérience théâtrale ; toutes deux se prennent aussitôt au jeu. Bucefalo fait porter un clavecin chez Rosa pour y donner ses leçons. Survient alors Don Marco, un noble venu réclamer l’instrument, qui se met à courtiser Rosa. Un mystérieux officier, Carlino, arrive à son tour en quête d’une veuve nommée Rosa : il s’agit en réalité de son épouse, qu’il croyait morte. L’acte se referme sur la première leçon de chant de Rosa, sous le regard jaloux de ses rivales Agata et Giannetta, tandis que Marco et Carlino observent tous deux, avec des sentiments contradictoires, la complicité naissante entre l’élève et son professeur.
- Acte II : Par dépit envers la veuve devenue le centre de toutes les attentions, Agata, Giannetta et Nunziella se rêvent à leur tour cantatrices. Don Marco, devenu impresario, engage Rosa comme prima donna et prépare une représentation d’opéra. Carlino, revenu en quête de vengeance, menace de provoquer Bucefalo en duel ; ce dernier, endimanché pour l’occasion, accepte à contrecœur l’affrontement qu’il ne cesse ensuite d’ajourner par mille faux-fuyants comiques. Tout se dénoue lors d’une répétition chaotique chez Rosa : Bucefalo dirige tant bien que mal l’orchestre, Rosa chante un air tiré de l’Ezio de Métastase, et les villageoises improvisées en cantatrices sèment la confusion, sous l’œil de Carlino entouré de ses hommes en armes. Le quiproquo se dissipe finalement, Carlino retrouvant Rosa et l’harmonie revenant sur ce petit monde de chanteurs de fortune.
Enregistrement(s) :

Roberto Tigani — 1992
Format : CD
Label : Bongiovanni
Référence : GB 2135-2 (EAN 8007068213528)
Année d’enregistrement : enregistré les 22, 23 et 25 octobre 1992 à l’abbaye de Casamari (Frosinone).
Distribution :
- Rosa : Maria Angeles Peters, soprano
- Agata : Giovanna Manci, soprano
- Giannetta : Floriana Sovilla, mezzo-soprano
- Nunziella : Marina Mauro, soprano
- Carlino : Ernesto Palacio, ténor
- Don Bucefalo : Giorgio Gatti, baryton
- Don Marco : Danilo Serraiocco, basse
Direction : Roberto Tigani
Orchestre : Orchestre Symphonique du Conservatoire « Licinio Refice » de Frosinone
Langue : italien
Particularité :
Fruit d’une élaboration critique de la partition par Roberto Tigani lui-même, cet enregistrement a été réalisé dans le cadre inhabituel de l’abbaye de Casamari, avec le concours du Conservatoire « Licinio Refice » de Frosinone (Maria Teresa Conti au clavecin, Antonio Sorgi et Alessandro Taruffi comme maîtres collaborateurs), et constitue l’une des rares versions modernes disponibles de l’ouvrage le plus emblématique de Fioravanti.
Postérité :
Le cantatrici villane demeure, de loin, l’opéra le plus célèbre et le plus durablement populaire de Valentino Fioravanti : porté par le triomphe de sa création napolitaine, il se répandit en quelques années dans toute l’Europe et fit la réputation internationale du compositeur, jusqu’à inspirer près d’un demi-siècle plus tard le Don Bucefalo (1847) d’Antonio Cagnoni, bâti sur le même sujet et le même personnage de maître de chant raté. Malgré cette gloire passée, l’œuvre a largement disparu des scènes au XXe siècle et ne survit plus que par de rares enregistrements, dont un disque Cetra de 1951 et cette version Bongiovanni de 1992 dirigée par Roberto Tigani.

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