Note personnelle : ,

Donizetti, Gaetano — Zoraida di Granata (1822)

Format :

  • Genre Melodramma eroico en deux actes.
  • Musique : Gaetano Donizetti.
  • Livret : Bartolomeo Merelli, révisé par Jacopo Ferretti.
  • Langue : italien.

Création :

28 janvier 1822, Teatro Argentina, Rome.
Donizetti n’a que vingt-quatre ans lorsqu’il se rend à Rome muni d’une lettre d’introduction de son maître Johann Simon Mayr auprès du librettiste Jacopo Ferretti, qui l’assiste dans la révision du texte de Bartolomeo Merelli. Quelques jours avant les répétitions, le ténor initialement prévu pour le rôle d’Abenamet, Amerigo Sbigoli, meurt subitement ; Donizetti doit alors réécrire en toute hâte le rôle pour la voix de contralto d’Adelaide Mazzanti et sacrifier trois numéros de la partition. Malgré cette crise de dernière minute, l’ouvrage — premier grand succès et premier véritable opera seria du compositeur — est accueilli avec enthousiasme par le public et la presse romaine, qui salue « un espoir nouveau et bien heureux » pour le théâtre lyrique italien. Une version profondément remaniée, comportant une musique nouvelle abondante et un livret largement retravaillé par Ferretti, est montée dans le même théâtre le 7 janvier 1824.

Livret :

Le livret de Bartolomeo Merelli s’inspire de la pièce Gonzalve de Cordoue, ou Grenade reconquise (1791) de Jean-Pierre Claris de Florian, ainsi que du livret que Luigi Romanelli avait écrit pour Abenamet e Zoraide de Giuseppe Nicolini. L’action, de fantaisie, se déroule à la cour maure de Grenade et met aux prises un roi tyrannique, son général victorieux et la princesse dont ils sont tous deux épris.

Intrigue :

  • Acte I : Le roi Almuzir de Grenade désire épouser Zoraida, fille du roi défunt, mais celle-ci aime en secret Abenamet, général victorieux des armées maures. Alors que les troupes espagnoles menacent le royaume, Almuzir promet la main de Zoraida à Abenamet s’il conduit l’armée à la victoire. Abenamet triomphe au combat, mais devient la cible d’une conjuration : accusé faussement de trahison par le perfide Ali, il est arrêté et emprisonné sur l’ordre d’un roi rongé par la jalousie.
  • Acte II : Zoraida parvient à faire évader Abenamet de sa prison, mais elle est à son tour arrêtée et condamnée à mort pour l’avoir aidé. Abenamet revient alors déguisé en champion masqué et affronte en combat singulier Ali, le défenseur d’Almuzir ; sa victoire contraint Ali à révéler la conjuration ourdie contre lui. La vérité éclate, le roi pardonne aux amants et bénit leur union.

Enregistrement(s) :

David Parry — 1999

Format : 4 CD (édition Deluxe).
Label : Opera Rara (avec le soutien de la Peter Moores Foundation).
Référence : ORC17.
Année d’enregistrement : 1998, Londres.
Distribution :

  • Zoraida : Majella Cullagh, soprano
  • Almuzir, roi de Grenade : Bruce Ford, ténor
  • Abenamet, général des Maures (version ténor originale de 1822) : Paul Austin Kelly, ténor
  • Abenamet (version contralto de la révision de 1824, pièces complémentaires) : Diana Montague, mezzo-soprano
  • Ali : Matthew Hargreaves, baryton
  • Ines : Cristina Pastorello, soprano
  • Almanzor : Dominic Natoli, basse

Direction : David Parry.
Orchestre : Academy of St Martin in the Fields ; Chœur : Geoffrey Mitchell Choir.
Langue : italien.

Particularité :

Cet enregistrement propose la création mondiale discographique de la version originale pour ténor du rôle d’Abenamet, telle que Donizetti l’avait conçue avant la mort prématurée du chanteur Amerigo Sbigoli ne l’oblige à la réécrire pour contralto en 1822 ; il inclut en complément six numéros supplémentaires composés pour la reprise de 1824, interprétés par Diana Montague. Coffret ambitieux de quatre disques, il permet ainsi d’entendre pour la première fois l’œuvre dans la conception vocale initialement voulue par le compositeur, avec une distribution jugée remarquablement soignée, en particulier Bruce Ford et Majella Cullagh.

Postérité :

Zoraida di Granata, qui avait connu un accueil triomphal lors de sa création avant de tomber dans un oubli quasi total, n’a longtemps été connue que par sa réputation et par quelques éléments épars de sa révision de 1824. Sa redécouverte moderne doit beaucoup au travail musicologique d’Opera Rara, dont l’enregistrement de 1999 a permis de reconstituer les deux conceptions successives de la partition. L’œuvre n’a cependant fait l’objet d’une véritable mise en scène en temps modernes qu’en 2023, lors du Festival de Wexford, première représentation scénique de l’opéra depuis le XIXe siècle.

 

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