Format :
- Melodramma en trois actes.
- Musique : Gaetano Donizetti
- Livret : Gaetano Rossi, d’après la pièce Maria Padilla de Jacques-François Ancelot, inspirée librement du personnage historique de María de Padilla, maîtresse puis épouse secrète de Pierre Ier de Castille
- Langue : Italien
Création :
26 décembre 1841, Teatro alla Scala, Milan, sous la direction d’Eugenio Cavallini, avec Sophie Löwe (Maria Padilla), Luigia Abbadia (Ines Padilla), Giorgio Ronconi (Don Pedro), Domenico Donzelli (Don Ruiz) et Gaetano Rossi — chanteur basse homonyme du librettiste — (Don Ramiro).
Cette création marque le retour de Donizetti à la Scala après l’échec de son Buondelmonte en 1836. L’ouvrage, donné 23 fois lors de sa saison de création, connaît un succès honorable mais se trouve rapidement éclipsé par la création, la même saison, de Nabucco de Verdi, qui bouleverse durablement le paysage lyrique milanais. Donizetti lui-même se montrait confiant dans la partition, estimant que « les situations sont magnifiques ». La censure autrichienne, Milan étant alors sous domination des Habsbourg, posa des problèmes récurrents concernant le dénouement, jugé trop scandaleux dans sa version originale ; plusieurs dénouements différents circulèrent ainsi selon les époques et les théâtres. L’œuvre se situe dans la période particulièrement féconde du compositeur entre Roberto Devereux (1837), La fille du régiment et La favorite (1840), Linda di Chamounix (1842) et Don Pasquale (1843) ; le musicologue William Ashbrook la considère comme l’une des partitions les plus riches et les plus originales de Donizetti, jugement qui contraste avec sa quasi-disparition du répertoire après 1859.
Livret :
Gaetano Rossi tire son livret de la pièce éponyme du dramaturge français Jacques-François Ancelot, elle-même inspirée très librement de la figure historique de María de Padilla. Donizetti participa activement à l’élaboration dramaturgique de l’ouvrage.
Intrigue :
- Acte I : Au château des Padilla, pendant les noces d’Ines, sœur de Maria, Don Pedro, prince de Castille, se présente déguisé sous le nom de « Mendez » et séduit Maria. Dans un grand duo, Maria, ayant percé son identité, exige de lui un mariage secret pour sauver son honneur, mariage auquel Pedro consent. L’acte s’achève sur la fuite de Maria avec Pedro.
- Acte II : Deux ans plus tard, à Séville, où Pedro règne désormais. Sous la pression de sa cour, qui redoute une guerre civile, Pedro est contraint d’envisager un mariage officiel avec Bianca de Bourbon, princesse française, tandis que Maria vit à la cour dans une position ambiguë, passant aux yeux de tous pour une simple maîtresse. Don Ruiz, le père de Maria, arrive à la cour sans rien savoir du mariage secret de sa fille et la croit déshonorée ; il provoque Pedro en duel, ce qui lui vaut la disgrâce. Maria tente en vain de révéler à son père la vérité sur son statut d’épouse légitime.
- Acte III : L’arrivée de Bianca de Bourbon à la cour plonge Maria dans l’épouvante, les ennemis de Maria l’accueillant comme future reine légitime. Don Ruiz, dans une scène de folie, détruit les documents prouvant le mariage secret de sa fille. Dans le dénouement joué à la création, Don Pedro proclame publiquement Maria reine légitime devant toute la cour ; sous le choc de la joie et de l’émotion, Maria meurt.
Enregistrement(s) :

Alun Francis — 1992
Format : 3 CD (studio)
Label : Opera Rara / Peter Moores Foundation
Référence : ORC 6
Année d’enregistrement : juin 1980, Henry Wood Hall, Londres (paru d’abord en microsillon en 1981 sous la référence OR 6, puis réédité en coffret CD ORC 6, avec le soutien de la Peter Moores Foundation, édition généralement datée 1992).
Distribution :
- Maria Padilla : Lois McDonall, soprano
- Ines Padilla : Della Jones, mezzo-soprano
- Don Pedro, prince de Castille : Christian du Plessis, baryton
- Don Ruiz di Padilla : Graham Clark, ténor
- Don Ramiro, duc d’Albuquerque : Roderick Earle, basse
- Francisca : Joan Davies, mezzo-soprano
- Don Luigi, comte d’Aguillar : Ian Caley, ténor
- Don Alfonso di Pardo : Roderick Kennedy, baryton-basse
Direction : Alun Francis
Orchestre : London Symphony Orchestra ; Geoffrey Mitchell Choir
Langue : Italien
Particularité :
Premier enregistrement intégral au monde de Maria Padilla, réalisé sept ans après la résurrection scénique de l’œuvre par Opera Rara au Queen Elizabeth Hall de Londres le 8 avril 1973 — première exécution du XXe siècle et création britannique de l’ouvrage, donnée à l’occasion du 125e anniversaire de la mort de Donizetti. Le coffret restitue notamment le grand duo des deux sœurs de l’acte II, qui connut au XIXe siècle une existence autonome comme pièce de concert. Cet enregistrement s’inscrit dans le travail systématique de la fondation Opera Rara, associée à la Peter Moores Foundation comme mécène, pour la remise au jour du répertoire bel canto méconnu de Donizetti, Rossini, Bellini et leurs contemporains.
Postérité :
Après sa création, Maria Padilla disparaît des scènes dès 1859, sa dernière représentation du XIXe siècle étant recensée en 1869 ; l’œuvre tombe alors dans un oubli quasi total pendant plus d’un siècle, éclipsée par les grands titres du répertoire donizettien plus solidement installés, tels que Lucia di Lammermoor, L’elisir d’amore ou Don Pasquale. Sa redécouverte moderne tient presque entièrement à l’action d’Opera Rara, fondée à Londres en 1970 précisément pour exhumer le répertoire italien méconnu du XIXe siècle : après la résurrection de 1973 puis l’enregistrement mondial de 1980, l’œuvre connaît sa création américaine en 1983 à Stony Brook (New York) par la Long Island Opera Society sous la direction de David Lawton, avant de reparaître ponctuellement à la scène — Dorset Opera en 1988, Opera Omaha en 1990 (où Renée Fleming fait des débuts remarqués dans le rôle-titre), Buxton Festival en 2003, Minnesota Opera en 2005, puis une production londonienne en 2012 avec Nelly Miricioiu. Elle demeure aujourd’hui une rareté du répertoire bel canto, appréciée des connaisseurs pour la richesse de son orchestration et l’originalité de sa dramaturgie.

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