Format :
- Dramma buffo en deux actes.
- Musique : Gaetano Donizetti
- Livret : Bartolomeo Merelli
- Langue : Italien
Création :
Carnaval 1819, Teatro Vecchio (Imperial Regio Teatro), Mantoue.
Donizetti compose Le nozze in villa au tout début de 1819, alors qu’il vient d’entrer au service de l’imprésario Paolo Zancla et se trouve à Mantoue pour la création de la Clotilde de Coccia. L’ouvrage, l’un des trois premiers de son catalogue avec Enrico di Borgogna et Una follia, est un échec à sa création : Merelli lui-même en attribue la cause aux « caprices et à la mauvaise volonté de plusieurs chanteurs, en particulier de la prima donna », en dépit de nombreux numéros réussis. L’opéra est repris, dans une version en partie remaniée, au Teatro Dolfin de Trévise au printemps 1820, puis à Gênes en avril 1822, où cinq représentations se succèdent aux théâtres Sant’Agostino puis Falcone. Il disparaît ensuite complètement du répertoire.
Livret :
Bartolomeo Merelli — futur imprésario influent, alors encore librettiste — tire son texte de la comédie Die deutschen Kleinstädter (« Les petits-bourgeois allemands ») d’August von Kotzebue (1802), via la traduction italienne de Tommaso de Lellis parue en 1805 sous le titre I provinciali.
Intrigue :
- Acte I : Trifoglio, le maître d’école du village, donne sa leçon lorsque survient le podestat Petronio : celui-ci a décidé de marier sa fille Sabina à Trifoglio, sans l’avoir consultée. Sabina, triste, contemple en cachette le portrait de Claudio, jeune homme rencontré en ville dont elle est amoureuse et qui tarde à se montrer malgré ses promesses. Sa grand-mère Anastasia surprend le portrait ; pour donner le change, Sabina prétend qu’il s’agit de celui du Roi. Petronio présente alors solennellement Trifoglio à sa fille comme futur époux. Un message annonce l’arrivée imminente d’un grand seigneur : c’est Claudio, pris pour le souverain du portrait par Anastasia et toute la maisonnée. Pendant que Sabina et Claudio se jurent fidélité, Petronio les interrompt pour préparer l’accueil du prétendu souverain ; sommée de s’expliquer, Sabina doit révéler le quiproquo à la confusion générale.
- Acte II : Petronio, furieux, ne change pas d’avis : Sabina épousera Trifoglio, et les préparatifs des noces vont bon train. Claudio, en proie aux doutes que Trifoglio s’efforce d’instiller en lui, reste néanmoins convaincu de l’amour de sa fiancée. Sabina et lui se retrouvent la nuit venue et renouvellent leur serment ; une sérénade de Trifoglio se fait entendre, puis toute la maisonnée, alertée, surprend les deux amants enlacés à la lueur d’une lanterne. Trifoglio exige des explications et, le contrat n’étant pas signé, renonce à épouser Sabina. Claudio, lui, n’a pas cédé : Petronio doit s’incliner, et Sabina épousera Claudio.
Enregistrement(s) :

Stefano Montanari — 2021
Format : 1 CD/DVD
Label : Dynamic (DDD)
Référence : CDS7908.02
Année d’enregistrement : en public, au Teatro Donizetti de Bergame, le 22 novembre 2020 (Festival Donizetti Opera 2020) ; publié en 2021.
Distribution :
- Sabina : Gaia Petrone, mezzo-soprano
- Don Petronio : Omar Montanari, basse bouffe
- Trifoglio : Fabio Capitanucci, baryton
- Claudio : Giorgio Misseri, ténor
- Anastasia : Manuela Custer, soprano
- Rosaura : Claudia Urru, soprano
- Anselmo : Daniele Lettieri, ténor
Direction : Stefano Montanari (également au pianoforte)
Orchestre : Orchestra Gli Originali (instruments d’époque), Coro Donizetti Opera (chef de chœur : Fabio Tartari)
Langue : Italien
Particularité :
Premier enregistrement mondial de l’œuvre, capté lors de sa résurrection scénique par le Festival Donizetti Opera de Bergame en novembre 2020, dans une mise en scène de Davide Marranchelli transposant l’action dans le monde contemporain des salles des fêtes de mariage. Établi sur l’édition critique d’Edoardo Cavalli et Maria Chiara Bertieri, ce disque comble la lacune du quintette de l’acte II, dont la partition originale ne nous est pas parvenue, par une page composée pour l’occasion par Elio, Rocco Tanica et Enrico Melozzi. L’Orchestra Gli Originali joue sur instruments d’époque au diapason à 430 Hz, sous la direction de Stefano Montanari, également au pianoforte pour les récitatifs.
Postérité :
Ratée à sa création puis reprise sans plus de succès durable à Trévise et à Gênes, Le nozze in villa disparaît de l’affiche dès les années 1820 et demeure l’une des partitions les plus méconnues du jeune Donizetti, quasiment absente de la littérature critique comme des scènes pendant deux siècles. Sa redécouverte, engagée par le Festival Donizetti Opera dans le cadre de son exploration systématique du catalogue du compositeur, en fait la troisième œuvre de jeunesse ainsi remise à l’honneur à Bergame, et ce disque en reste à ce jour le seul témoignage discographique.

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