Format :
- Farsa en deux actes.
- Musique : Gaetano Donizetti
- Livret : Andrea Leone Tottola
- Langue : italien
Création :
Septembre 1823, Teatro Nuovo, Naples, sous la forme de la farsa napolitaine, genre populaire caractérisé par des dialogues parlés remplaçant les récitatifs. Cette création survient quelques semaines seulement après l’échec d’Alfredo il grande, donné en juillet 1823 au Teatro San Carlo : c’est le second des deux ouvrages napolitains de cette année particulièrement chargée pour le jeune Donizetti, alors de retour à Naples après son passage remarqué à la Scala de Milan avec Chiara e Serafina. L’ouvrage ne connut cependant qu’un nombre restreint de représentations avant de disparaître du répertoire.
Livret :
Andrea Leone Tottola, librettiste napolitain prolifique mais d’un niveau jugé inégal par la postérité, fournit à Donizetti un livret de comédie situé dans les coulisses d’une troupe lyrique itinérante — cadre qui permet une satire affectueuse du petit monde de l’opéra que le compositeur connaissait intimement (imprésario avare, prima donna capricieuse, compositeur et poète maison, chanteurs rivaux). Tottola devait fournir plusieurs autres livrets à Donizetti, dont ceux de Mosè in Egitto, Elvida et La donna del lago.
Intrigue :
- Acte I : À Rome, dans la maison de Lattanzio Lattrughelli, imprésario d’une troupe lyrique, le musicien Bequadro et le librettiste Vulcano répètent au clavecin un air du nouvel opéra en préparation, bientôt interrompus par l’arrivée de la seconde chanteuse Fulgenzia et de la basse Biscaglino. Survient Lattanzio lui-même, irrité que son mythologique nouvel ouvrage porte le titre burlesque de Penelope tra i Porci (Pénélope parmi les cochons). Alors qu’il s’éloigne, sa femme Aurelia, prima donna de la compagnie, flirte avec le colonnello Ortensio Franceschetti, qui feint de la croire comtesse et veuve, ignorant qu’elle est mariée. On apprend que le colonnello, oncle du jeune Eduardo, s’oppose au mariage de celui-ci avec Eugenia, pupille de Lattanzio, dont Eduardo est épris.
- Acte II : Resté seul avec son neveu, le colonnello réaffirme son opposition au mariage d’Eduardo et Eugenia. Le malentendu sur l’identité d’Aurelia se prolonge : le colonnello la croit libre et la presse de l’épouser, tandis qu’elle-même mène le jeu pour protéger sa troupe. Après plusieurs quiproquos et une fausse alerte de jalousie, Lattanzio finit par révéler au colonnello, désormais dupé et furieux, qu’Aurelia est bel et bien sa femme légitime. La ruse ainsi éventée permet enfin la célébration du mariage d’Eduardo et Eugenia, et l’amour triomphe une fois de plus.
Enregistrement(s) :

Arnold Bosman — 1999
Format : 2 CD (Dynamic), captation en public, première mondiale au disque.
Label : Dynamic.
Référence : CDS 228/1-2.
Année d’enregistrement : 1998, Festival della Valle d’Itria, Martina Franca, en public ; publication discographique en 1999.
Distribution :
- Lattanzio Lattrughelli, impresario : Domenico Colaianni, baryton
- Aurelia, sa femme, prima donna de la troupe : Stefania Donzelli, soprano
- Donna Fulgenzia del Folletto, seconda donna : Magali Damonte, mezzo-soprano
- Il Colonnello Ortensio Franceschetti : Nicolas Rivenq, baryton
- Il tenente Eduardo, son neveu : Saverio Fiore, ténor
- Il signor Bequadro, maestro di cappella : Luciano Miotto, baryton
- Vulcano, poète et librettiste : Massimiliano Chiarolla, baryton
- Eugenia, pupille de Lattanzio : Eun-Joo Lee, soprano
- Fiordelisa, chanteuse de la troupe : Madia Todisco, soprano
- Biscaglino Spizzoletti, basse de la troupe : Luca Grassi, baryton
- Ascanio, souffleur et valet de Lattanzio : Mario Nisticò, baryton
Mise en scène : Guido De Monticelli.
Direction : Arnold Bosman.
Orchestre et chœur : Orchestra Internazionale d’Italia et Bratislava Chamber Choir (chef de chœur : Pavol Prochazka).
Langue : italien
Particularité :
Cette captation constitue la première mondiale au disque de l’ouvrage, réalisée à partir d’une production scénique donnée en 1998 au Festival della Valle d’Itria de Martina Franca, pour le cent cinquantenaire de la mort de Donizetti. La partition repose sur la révision établie par le musicologue Anders Wiklund, producteur pour le label Dynamic. Elle s’inscrit dans une politique éditoriale de redécouverte systématique des raretés donizettiennes menée conjointement par Dynamic et le Festival de Martina Franca, sous la direction artistique de Sergio Segalini.
Postérité :
Après une création napolitaine à la réception mitigée et un nombre restreint de représentations, Il fortunato inganno s’efface rapidement du répertoire et demeure ignoré pendant près d’un siècle et trois quarts. Sa redécouverte moderne doit tout à l’initiative du Festival della Valle d’Itria de Martina Franca qui, en 1998, choisit d’honorer la mémoire de Donizetti à l’occasion du cent cinquantenaire de sa mort en portant cette farsa méconnue à la scène, dans une mise en scène de Guido De Monticelli et sous la direction d’Arnold Bosman, à partir de la révision critique d’Anders Wiklund. Cette production fut aussitôt fixée sur disque par Dynamic, offrant à l’œuvre sa toute première captation discographique et l’inscrivant durablement dans le vaste chantier de redécouverte de l’œuvre de jeunesse de Donizetti entrepris par le festival et le label depuis les années 1990.

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