Note personnelle : ,

Bersa, Blagoje — Oganj [Fire] (1911)

Format :

  • Drame musical en 3 actes.
  • Musique : Blagoje Bersa.
  • Livret : Alfred Maria Willner (original allemand Der Eisenhammer), traduction croate de Ferdo Živko Miler pour la création.
  • Langue : Croate (original allemand).

Création :

12 janvier 1911, Zagreb, Théâtre national croate (Hrvatsko narodno kazalište) (Cantus).
Conçu à l’origine pour Vienne sur un livret allemand, l’ouvrage ne fut créé que plusieurs années après sa composition (commencée en 1905), à Zagreb, sous le titre croatisé Oganj (« Le Feu ») (Cantus).

Livret :

L’action se déroule à la veille de Noël 1840 dans une fonderie de fer de Thuringe. Le livret de Willner exploite les ressorts du drame romantique populaire : un crime ancien, une fausse accusation et la rédemption par l’amour.

Intrigue :

  • Action principale : À la fonderie, la veille de Noël, le pasteur rappelle l’histoire des fondateurs : le vieux Hellwing et Heinrich Thoms, tué sous la grande roue hydraulique. Son fils Robert, témoin enfant du drame, a toujours cru que Hellwing père avait poussé son père sous la roue ; personne ne l’a cru et il a été tenu pour fou. De retour, Robert reçoit une lettre du contremaître Kaspar, mort, qui confirme que la vanne fut ouverte sur l’ordre du vieux Hellwing : la vengeance le tenaille, bien qu’il aime secrètement l’institutrice Lenka — que le jeune Hellwing, veuf maître de la fonderie, courtise et à qui il offre une bague. Le soir de Noël, seul avec Hellwing, Robert révèle l’accusation qui pèse sur son père et lui intime de subir l’épreuve de la roue ; Hellwing implore la pitié au nom de ses enfants. Lenka supplie alors Robert d’épargner Hellwing — non pour lui-même, mais pour sauver l’âme de Robert — et lui avoue son amour. Ému, Robert s’écrie « Halte ! Assez ! » ; Hellwing, effondré, place lui-même la main de Lenka dans celle de Robert en signe de renoncement et embrasse ses enfants. Le chœur des fidèles revenant de la messe de Noël entoure le tableau final, apaisé et solennel (Cantus).

Postérité :

L’ouvrage est tenu pour l’acte fondateur du modernisme musical croate à la scène : sa mise en scène par Ivo Raić en 1911 introduisit sur la scène de Zagreb la notion wagnérienne d’œuvre d’art totale (HrčakHNK Zagreb). Une exécution intégrale en concert a eu lieu à Zagreb en 2024, à la suite de laquelle un enregistrement discographique de l’opéra a été publié (Dvorana Lisinski).

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