Note personnelle : ,

Benda, Georg — Romeo und Julie (1776)

Format :

  • Singspiel (« Ernsthafte Oper », selon le compositeur) en trois actes.
  • Musique : Georg (Jiří) Antonín Benda.
  • Livret : Friedrich Wilhelm Gotter, d’après la traduction allemande de Roméo et Juliette de Shakespeare par Christian Felix Weiße.
  • Langue : Allemand (avec parties parlées).

Création :

25 septembre 1776, au Théâtre Ekhof du château de Friedenstein, Gotha.
Benda, né en Bohême en 1722 et maître de chapelle à la cour de Gotha depuis 1750, a alors cinquante-quatre ans. Il s’est fait connaître en Allemagne par ses mélodrames (Ariadne auf Naxos, Medea, 1775), qui inspireront Mozart, et donne avec Romeo und Julie un Singspiel sérieux, d’écriture dramatique et expressive, où l’influence de Gluck affleure — notamment dans le chœur funèbre.

Livret :

Gotter, poète de la cour de Gotha, condense la tragédie shakespearienne : l’action commence après le mariage secret des amants et se concentre sur une nuit et une aube, puis sur la scène du tombeau. Fidèle à l’esprit de l’époque, il substitue à la mort des amants un dénouement heureux, où Juliette se réveille avant que Roméo n’ait consommé son suicide.

Intrigue :

  • Acte I : Dans la chambre de Juliette, à minuit, la jeune femme attend Roméo, qui doit partir pour Mantoue ; il la rassure et ils se séparent à l’aube, Juliette craignant pour sa vie.
  • Acte II : À l’aube, Capellet ordonne à sa fille d’épouser le comte Pâris et la menace de la renier devant son refus. Le père Laurent lui offre un breuvage qui simulera la mort ; pour l’amour de Roméo, Juliette le boit.
  • Acte III : Dans le mausolée des Capellet, Roméo, apprenant la mort de Juliette, veut se tuer sur son tombeau. Elle s’éveille juste à temps et les amants chantent un duo de joie. Laurent persuade Capellet d’accepter Roméo pour gendre si Juliette vit ; la vérité éclate et Capellet embrasse Roméo.

Enregistrement(s) :

Michael Schneider — 2000

Format : CD (2 disques, environ 91 minutes)
Label : cpo (en coproduction avec Radio Bremen)
Référence : 999 496-2
Année d’enregistrement : 2000 (selon l’indication fournie) ; un compte rendu de Gramophone paru en janvier 1999 suggère toutefois un enregistrement antérieur.
Distribution :

  • Julie : Heidrun Kordes, soprano
  • Romeo : Scot Weir, ténor
  • Capellet : Christian Immler, baryton
  • Laura : Claron McFadden, soprano
  • Pater Lorenzo (rôle parlé) : Hermann Treusch
  • Francesco (rôle parlé) : Christoph Tomanek
  • Une pleureuse : Ralf Emge
  • Une jeune fille : Simone Brähler

Direction : Michael Schneider
Orchestre : La Stagione Frankfurt et Vokalensemble Forum Alte Musik Bremen
Langue : Allemand

Particularité :

Réalisée avec La Stagione Frankfurt, ensemble sur instruments anciens fondé par Michael Schneider, et le Vokalensemble Forum Alte Musik Bremen, cette version donne les parties parlées à des comédiens, dont Hermann Treusch. La critique a salué une exécution « intense et persuasive » : la voix de Heidrun Kordes, l’air de Scot Weir au troisième acte, Claron McFadden commandant la musique de Laura et le baryton de Christian Immler, bien adapté à Capellet. Le second disque ne dure que 26 minutes, ce qui explique le prix intermédiaire de la parution ; le livret de l’album comprend le texte complet et sa traduction.

Postérité :

Le tombeau et le chœur funèbre, d’une veine gluckiste, comptent parmi les pages les plus saisissantes de l’ouvrage, tandis que la réconciliation finale, musicalement plus convenue, a paru moins convaincante à la critique. Une version anglaise a été donnée en 2007 par Bampton Classical Opera, première représentation britannique. Après un enregistrement de 1998 dirigé par Hermann Breuer avec la Thüringen Philharmonie Gotha-Eisenach, cette version de Michael Schneider offre une lecture sur instruments anciens de cet épisode méconnu de la réception allemande de Shakespeare.

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