Note personnelle : ,

Ahlefeldt, Gräfin Maria Theresia — Telemak på Calypsos ø (1792)

Format :

  • Ballet vocal / Syngespil avec chœurs et danses en 4 actes.
  • Musique : Maria Theresia Ahlefeldt.
  • Livret : Christen Pram (sur une chorégraphie fondatrice de Vincenzo Galeotti).
  • Langue : Danois.

Création :

28 décembre 1792, au Théâtre Royal de Copenhague (Det Kongelige Teater).
C’est le chef-d’œuvre de la compositrice et un événement historique majeur : c’est la première œuvre scénique complète composée par une femme à être représentée sur la scène nationale danoise. Ahlefeldt livre une partition pré-romantique étincelante, alternant des ballets de cour sophistiqués, de vigoureux chœurs héroïques et des arias d’une grande tension émotionnelle, traduisant la majesté de l’épopée de Fénelon.

Livret :

Inspiré du célébrissime roman philosophique de Fénelon (Les Aventures de Télémaque), l’argument relate le séjour de Télémaque, fils d’Ulysse, sur l’île de la nymphe Calypso. C’est l’affrontement entre la volupté paralysante (Calypso) et la sagesse protectrice (Mentor).

Intrigue :

  • Acte I : Télémaque et son tuteur Mentor, jetés par la tempête sur l’île d’Ogygie, sont accueillis par la nymphe immortelle Calypso. Celle-ci, toujours inconsolable du départ d’Ulysse, tente immédiatement d’envoûter le fils avec l’aide de l’Amour (Cupidon).
  • Acte II & III : Télémaque est tiraillé entre l’enchantement des ballets de nymphes (grandes pages orchestrales sensuelles) et son amour pour Eucharis, une des suivantes de la déesse. Calypso, folle de jalousie, menace Eucharis. Mentor, qui est en réalité la déesse Minerve déguisée, tente de ramener le jeune homme à la raison et au devoir.
  • Acte IV : La tension culmine. Ne pouvant arracher Télémaque aux sortilèges de l’île par les mots, Mentor le précipite littéralement du haut d’une falaise dans la mer pour échapper aux fureurs de Calypso, avant de le secourir à bord d’un navire de passage. Calypso est laissée au désespoir, et le devoir filial l’emporte.

Postérité :

Telemak på Calypsos ø (Télémaque sur l’île de Calypso) fut un succès retentissant à Copenhague, joué des dizaines de fois. L’œuvre instaura Maria Theresia Ahlefeldt comme une figure centrale de l’âge d’or culturel danois. Sa partition, louée pour sa science orchestrale, marque un tournant dans l’intégration de l’opéra et du ballet d’action en Scandinavie, assurant à la comtesse l’immortalité musicologique.

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