Note personnelle : ,

Agricola, Johann Friedrich — La nobiltà delusa (1754)

Format :

  • Dramma giocoso en 3 actes.
  • Musique : Johann Friedrich Agricola.
  • Livret : Giampietro Tagliazucchi.
  • Langue : Italien.

Création :

1754, à Charlottenburg (Berlin).
Poursuivant son exploration du genre comique, Agricola s’allie à nouveau au poète de la cour, Tagliazucchi. La musique de La nobiltà delusa démontre une orchestration plus nerveuse et théâtrale, s’inspirant des opéras bouffes vénitiens de Galuppi, tout en conservant une pâte harmonique germanique très solide dans les finales d’actes.

Livret :

« La Noblesse déçue » est une farce de mœurs fustigeant la vanité aristocratique, la folie des grandeurs et l’obsession des titres (un sujet particulièrement piquant à jouer devant la cour de Prusse). Elle met en contraste le bon sens roturier et l’aveuglement nobiliaire.

Intrigue :

  • Acte I : Un aristocrate provincial ruiné (ou un riche bourgeois cherchant à s’anoblir à tout prix) refuse des partis raisonnables pour sa fille, exigeant un gendre de très haute noblesse. Des escrocs, ayant flairé la bonne affaire, se présentent au château déguisés en princes étrangers.
  • Acte II : Les faux nobles mènent grand train, flattent la vanité du maître de maison et exigent des dots faramineuses. Les véritables amoureux (de rang inférieur) et les domestiques, qui ont percé à jour la supercherie, montent une contre-intrigue hilarante, ponctuée d’ensembles vocaux chaotiques.
  • Acte III : Lors de la signature du contrat, les escrocs sont démasqués par l’arrivée inopinée des autorités ou des véritables seigneurs. La noblesse vaniteuse est cruellement « déçue » et moquée. Guéri de sa folie des grandeurs, le père repentant accorde la main de sa fille au jeune homme honnête qu’elle aime.

Postérité :

Bien accueillie pour sa vivacité satirique, La nobiltà delusa démontre que la cour de Frédéric II appréciait l’autodérision, tant qu’elle restait encadrée par la perfection formelle de la langue italienne. La musique d’Agricola, injustement oubliée aujourd’hui, y révèle un sens du théâtre comique qui n’a rien à envier à ses contemporains méditerranéens.

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