Format :
- Dramma giocoso / Opera buffa en 3 actes.
- Musique : Johann Friedrich Agricola.
- Livret : Adapté des livrets comiques italiens (tradition vénitienne).
- Langue : Italien.
Création :
1750, à Potsdam/Berlin.
Bien que la cour de Frédéric le Grand fût dominée par l’opéra seria aristocratique, des œuvres comiques y étaient occasionnellement goûtées. Agricola (30 ans) y déploie une légèreté inattendue, prouvant qu’un musicien allemand formé au contrepoint strict pouvait rivaliser avec l’esprit pétillant de l’opéra bouffe napolitain ou vénitien.
Livret :
Le titre (Le Philosophe convaincu en amour) annonce une satire classique des Lumières. Il raille le rationalisme excessif et l’arrogance intellectuelle confrontés à la nature humaine et à la force invincible des sentiments, un thème cher à Goldoni ou Rousseau.
Intrigue :
- Acte I : Un vieux (ou jeune) philosophe pompeux jure solennellement que l’amour est une maladie de l’esprit indigne d’un homme de raison. Une jeune femme piquante et intelligente, blessée par son arrogance, fait le pari de le rendre fou d’amour.
- Acte II : La jeune femme déploie des trésors de séduction, d’esprit et de fausse indifférence. Le philosophe sent ses certitudes vaciller. Il tente d’expliquer ses palpitations par des théories scientifiques grotesques, suscitant l’hilarité des domestiques et le génie comique de la partition (pizzicatos moqueurs, syllabisme rapide).
- Acte III : Complètement vaincu, le philosophe abandonne ses livres. Il se met à genoux, supplie qu’on lui accorde l’amour, et admet publiquement que la philosophie est impuissante face aux lois du cœur. Le mariage est célébré dans la bonne humeur générale.
Postérité :
Ouvrage de détente pour la cour prussienne, cette partition met en lumière l’éclectisme de Johann Friedrich Agricola. Si elle ne révolutionne pas le genre, elle souligne l’européanisation totale du langage bouffe italien, parfaitement assimilé par les musiciens du nord de l’Allemagne.

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