Note personnelle : ,

Agostini, Pietro Simone — Il ratto delle Sabine (1680)

Format :

  • Dramma per musica en 3 actes.
  • Musique : Pietro Simone Agostini.
  • Livret : Giacomo Francesco Bussani.
  • Langue : Italien.

Création :

1680, au Teatro San Giovanni Grisostomo, à Venise.
Cette œuvre est le chant du cygne d’Agostini, créée l’année même de sa mort. Quittant l’orbite romaine pour se frotter au public vénitien, le plus exigeant et commercial d’Europe, le compositeur adapte son style : les arias s’allongent, la virtuosité s’accentue, et le spectaculaire (machineries, foules) prend le pas sur l’intimisme.

Livret :

Le livret de Bussani s’empare de l’épisode fondateur et mythique de la Rome antique : l’enlèvement des Sabines. Ce sujet dramatique par excellence permet de mêler la grande politique, le choc des civilisations (Romains contre Sabins), et les tragédies conjugales, tout en intégrant les inévitables scènes comiques prisées à Venise.

Intrigue :

  • Acte I : Romulus (Romolo), fondateur de Rome, constate que sa nouvelle cité manque de femmes. Il organise de grands jeux en l’honneur de Neptune et y invite le peuple voisin, les Sabins, dirigés par Titius Tatius (Tazio). Au signal, les Romains enlèvent les femmes sabines, plongeant la fête dans le chaos.
  • Acte II : La guerre est déclarée. Au sein de Rome, les Sabines captives, dont la noble Ersilia, sont déchirées. D’abord indignées, elles commencent à éprouver des sentiments pour leurs ravisseurs romains, qui les traitent avec respect et amour, donnant lieu à de superbes lamenti et duos amoureux.
  • Acte III : Les armées sabines attaquent Rome. La trahison de Tarpeia manque de faire chuter la cité. Au moment où l’affrontement final va se solder par un massacre, les femmes sabines s’interposent entre leurs pères et leurs nouveaux époux. Touchés par ce courage, Romains et Sabins déposent les armes et fusionnent en un seul peuple.

Postérité :

Représenté dans le plus prestigieux théâtre de Venise, Il ratto delle Sabine fut un immense succès posthume pour Agostini. L’œuvre incarne la quintessence du grand opéra vénitien de la fin du XVIIe siècle, où l’épopée historique se pare d’une musique aux affects profondément humains et contrastés.

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