Format :
- Dramma per musica / Commedia barocca en 3 actes.
- Musique : Pietro Simone Agostini.
- Livret : Giovanni Filippo Apolloni.
- Langue : Italien.
Création :
Carnaval 1673, à Ariccia (au Palazzo Chigi) près de Rome, puis grand succès à Milan en 1679.
Pietro Simone Agostini (1635-1680) est un maître incontesté du baroque romain. Attaché à la puissante famille Chigi et maître de chapelle, sa musique est un modèle de vivacité : les arias y sont encore brèves, proches du récitatif expressif (recitar cantando), mais foisonnent d’inventions mélodiques qui annoncent le génie d’un Alessandro Scarlatti.
Livret :
Le livret (« Les Tromperies innocentes, ou L’Adalinda ») est un exemple étourdissant de la comédie baroque d’intrigue, héritière des comédies espagnoles et vénitiennes. Il repose intégralement sur les travestissements (femmes habillées en hommes), les identités cachées, la noblesse trahie et les imbroglios galants.
Intrigue :
- Acte I : La princesse L’Adalinda fuit un danger ou un mariage forcé en se travestissant en chevalier. Sous cette fausse identité, elle entre au service du roi ou du prince qu’elle aime secrètement. Mais sous ses habits d’homme, elle attire bien malgré elle l’amour d’une autre femme de la cour.
- Acte II : Les « tromperies innocentes » se multiplient. Les valets comiques (figure obligée du baroque romain) compliquent l’intrigue. L’Adalinda, en tenue de chevalier, doit repousser les avances féminines tout en tentant d’éveiller l’intérêt de l’homme qu’elle aime, sans trahir son identité.
- Acte III : La confusion atteint des sommets, frisant le drame, avant que la véritable identité de L’Adalinda ne soit enfin révélée. Les sexes et les rangs sociaux sont remis à leur juste place, les couples légitimes se forment, et l’opéra se conclut par des réjouissances et la célébration de la constance amoureuse.
Postérité :
Immense succès lors de ses représentations à Rome et Milan, L’Adalinda est une œuvre fondatrice du succès de la comédie en musique au XVIIe siècle. Sa partition, préservée dans les bibliothèques italiennes, fascine aujourd’hui les ensembles spécialisés en musique ancienne pour sa fraîcheur théâtrale et sa perfection formelle, typique de l’âge d’or du mécénat romain.

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