Format :
- Dramma lirico en 3 actes.
- Musique : Mezio Agostini.
- Livret : Inspiration historique / antiquité maritime.
- Langue : Italien.
Création :
Vers 1938 (composé dans la maturité tardive du compositeur).
À la fin de sa longue carrière institutionnelle à Venise, Agostini conserve une esthétique foncièrement ancrée dans la tradition. Réfractaire aux avant-gardes (dodécaphonisme, futurisme), sa musique est celle d’un artisan impeccable, offrant d’immenses arches mélodiques et une nostalgie pour le grand lyrisme héroïque d’antan.
Livret :
Le « Navarque » désigne le commandant d’une flotte dans l’Antiquité grecque ou byzantine. Le livret puise dans le péplum naval, mêlant le patriotisme marin, les complots de l’état-major et le sacrifice d’une femme déchirée entre son devoir filial et une passion interdite.
Intrigue :
- Acte I : Dans un grand port de la Méditerranée antique, la flotte se prépare au combat. Le Navarque, vieux et autoritaire, règne en maître. Sa fille, figure de dévotion, tombe secrètement amoureuse d’un officier ennemi (un prisonnier ou un espion).
- Acte II : Le conflit moral éclate. La fille du Navarque doit choisir entre livrer son amant pour sauver la flotte de son père, ou trahir sa patrie par amour. De grands ensembles orchestraux évoquent le tumulte intérieur et la tempête maritime qui s’annonce.
- Acte III : L’amant est démasqué. Lors du jugement, le Navarque se montre inflexible. Pour sauver l’honneur de sa famille et expier sa faute, la fille du Navarque s’interpose ou se sacrifie tragiquement, laissant son père brisé au milieu de sa victoire navale.
Postérité :
Créée à une époque où l’opéra italien se tournait vers des formes plus modernes ou néoclassiques, La figlia del navarco est apparue comme une œuvre anachronique. Elle est le testament lyrique d’un compositeur profondément attaché au drame romantique et aux grandes voix, préservée aujourd’hui à l’état de rareté absolue.

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