Format :
- Dramma lirico (Opéra symboliste) en 3 actes.
- Musique : Mezio Agostini.
- Livret : Probablement d’obédience décadentiste, inspiré de l’esthétique de D’Annunzio.
- Langue : Italien.
Création :
1896-1897, à Pesaro (ou Fano).
Il s’agit de l’une des œuvres de jeunesse les plus notables du compositeur (il a tout juste 21 ans). Formé au Liceo Rossini de Pesaro, le jeune Agostini remporte avec cette œuvre un prestigieux prix de composition. Son style juvénile est imprégné des effluves du romantisme fin-de-siècle, privilégiant des harmonies chromatiques et une orchestration onirique.
Livret :
Le titre (Le Chevalier du Rêve) annonce d’emblée une thématique symboliste, très éloignée de la trivialité du vérisme naissant. Le livret explore la quête d’un absolu inaccessible, le conflit entre la cruelle réalité et l’idéal chevaleresque onirique, dans une atmosphère de légende atemporelle.
Intrigue :
- Acte I : Un jeune noble ou poète, désabusé par la médiocrité de son époque, se réfugie dans ses rêves. Il y rencontre une figure féminine idéalisée, la Princesse du Songe, qui lui confie une quête mystique.
- Acte II : Le « Chevalier » tente de transposer cet idéal dans le monde réel. Il affronte les figures de la matérialité, de la corruption ou des rivaux cyniques. Mais la réalité résiste à la pureté de son idéal, conduisant à des affrontements dramatiques intenses.
- Acte III : Blessé et vaincu par le monde matériel, le Chevalier agonise. Dans un ultime sursaut de grâce (souvent accompagné d’une musique diaphane), la Princesse du Songe lui apparaît une dernière fois pour l’accueillir dans l’éternité, faisant de sa mort un triomphe spirituel.
Postérité :
Couronné d’un prix de composition, Il Cavaliere del Sogno plaça le jeune Agostini sous les feux de la rampe académique. C’est une œuvre précieuse qui témoigne de l’alternative symboliste en Italie, une voie explorée par certains compositeurs pour contrer l’hégémonie du sang et des larmes imposée par Cavalleria rusticana.

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