Note personnelle : ,

Abbatini, Antonio Maria — Dal male il bene (1653)

Format :

  • Commedia per musica en trois actes précédés d’un prologue.
  • Musique : Antonio Maria Abbatini pour les actes I et III ; Marco Marazzoli pour l’acte II.
  • Livret : Giulio et Giacomo Rospigliosi, d’après No hay bien sin ajeno daño d’Antonio Sigler de Huerta.
  • Langue : italien.

Création :

1653, au Palazzo Barberini, à Rome, dans le cadre des fêtes données pour le mariage de Maffeo Barberini, prince de Palestrina, et d’Olimpia Giustiniani.
Antonio Maria Abbatini est alors l’un des musiciens les plus actifs de la Rome baroque. Sa contribution à cette œuvre est particulièrement importante dans l’histoire du théâtre musical comique : il participe à l’affirmation du récitatif secco et contribue au développement du finale d’ensemble, tandis que Marco Marazzoli compose le deuxième acte. L’œuvre appartient à la période où les spectacles des Barberini associent musique, poésie, machinerie scénique et comédie.

Livret :

Le texte de Giulio Rospigliosi, futur pape Clément IX, assisté de son frère Giacomo, adapte une comédie espagnole d’Antonio Sigler de Huerta. L’action repose sur une chaîne de malentendus sentimentaux et sociaux dont les complications finissent par produire le « bien » annoncé par le titre à partir du « mal ». Le choix d’une source espagnole est caractéristique de la culture théâtrale cosmopolite des Barberini et des échanges qui nourrissaient alors le jeune opéra romain.

Intrigue :

  • Prologue : La Fortune introduit le jeu du destin et annonce les retournements qui vont transformer les malheurs apparents des protagonistes en dénouement heureux.
  • Acte I : Donna Leonora, Marina, Don Diego et les autres personnages sont entraînés dans une série de malentendus amoureux et d’identités difficiles à démêler. Le serviteur Tabacco apporte à l’action une dimension franchement comique.
  • Acte II : Les intrigues se croisent et les personnages poursuivent des objectifs contradictoires. Les erreurs d’interprétation nourrissent une succession de scènes comiques et de confrontations sentimentales.
  • Acte III : Les tromperies sont progressivement dévoilées. Les couples se rétablissent et les difficultés initiales trouvent une issue heureuse : le malheur annoncé par le titre se transforme en bien.

Postérité :

Dal male il bene occupe une place majeure dans l’histoire des premiers développements de l’opéra comique italien. Abbatini, qui compose les premier et troisième actes, y joue un rôle essentiel dans l’évolution du récitatif et des ensembles comiques, tandis que Marazzoli apporte au deuxième acte sa propre expérience du théâtre musical. L’œuvre fut reprise à plusieurs occasions et notamment donnée en présence de Christine de Suède. Elle constitue aujourd’hui un document capital pour comprendre la genèse de l’opéra buffa avant l’épanouissement du genre au XVIIIe siècle. Des éditions modernes ont permis de la réintroduire dans l’étude et la pratique du répertoire baroque.

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