Note personnelle : ,

Porpora, Nicola — Carlo il Calvo (1738)

Format :

  • Dramma per musica (opera seria) en 3 actes.
  • Musique : Nicola Porpora.
  • Livret : Francesco Silvani, d’après son L’innocenza giustificata (musique de Benedetto Vinaccesi, Venise, 26 décembre 1698), lui-même nourri de l’histoire de Louis le Pieux dans Il Regno d’Italia sotto i barbari d’Emanuele Tesauro.
  • Langue : italien.

Création :

Printemps 1738, au Teatro delle Dame de Rome, théâtre public alors récemment rénové.
Porpora, âgé de cinquante et un ans, vient de rentrer de Londres et signe pour Rome sa troisième œuvre depuis ce retour. Le Teatro delle Dame, avec lequel il collaborait depuis 1721, était alors la principale scène publique de la ville. Le style de Porpora, fondé sur le chant virtuose et sur des ritournelles d’orchestre limpides, y est servi par une distribution exclusivement masculine : Giuseppe Galletti (Lottario), Lorenzo Ghirardi (Adalgiso), Geremia del Sette (Giuditta), Giuseppe Lidotti (Eduige), Antonio Uberi (Gildippe), Francesco Signorili (Berardo) et Francesco Boschi (Asprando).

Livret :

Le texte remonte à un livret vénitien de près de quarante ans. Francesco Silvani l’avait tiré de la biographie de Louis le Pieux dans le Tesauro, et s’était inspiré à son tour de Lodovico Pio de Girolamo Gigli (Sienne, 1687), dont il avait effacé les traces. Le sujet, tiré de l’histoire carolingienne, porte moins sur la politique que sur la famille : un patriarche remarié, une veuve qui défend son fils, un héritage contesté, et deux jeunes amants que tout oppose.

Intrigue :

  • Contexte : L’empereur Louis le Pieux a épousé successivement Irmgard et Giuditta. En 817, il a partagé son royaume et fait de son aîné Lottario son corégent ; douze ans plus tard, sous l’influence de Giuditta, il a modifié son testament au profit de leur fils Carlo, âgé de six ans, en prenant des territoires à Lottario.
  • Acte I : Louis est mort. Lottario, qui prépare l’usurpation de l’héritage de Carlo, fait répandre par son confident Asprando la rumeur que l’enfant est un bâtard né de la liaison de Giuditta avec Berardo. La veuve, qui ignore ces intrigues, espère rétablir l’harmonie en mariant sa fille Gildippe à Adalgiso, fils de Lottario ; les deux jeunes gens s’aiment. Lottario finit par refuser publiquement les droits de Carlo, traite Berardo d’adultère et ordonne de tuer la mère, l’amant et l’enfant. Adalgiso s’interpose.
  • Acte II : Asprando, feignant de servir Giuditta, obtient de lui confier Carlo, déguisé en jeune berger, et le livre à Lottario. Berardo et les soldats de Giuditta donnent l’assaut au château de Lottario, au bord du Rhin ; Lottario menace de jeter Carlo dans le fleuve. Adalgiso se jette dans les bras de son père et promet de protéger l’enfant.
  • Acte III : Berardo et Asprando se défient en tournoi. Gildippe reproche à Adalgiso de ne pas avoir sauvé Carlo, et il se livre à elle en otage. Lottario, acculé, ramène Carlo à Giuditta et la contraint, couteau sous la gorge de l’enfant, à reconnaître faussement que Carlo est un bâtard. Adalgiso surgit de sa cachette, arrache Carlo à son père et ouvre la porte aux gardes. Lottario, rappelé à la raison, demande pardon. Giuditta promet à Adalgiso la main de Gildippe et le salue comme futur empereur.

Enregistrement(s) :

George Petrou — 2022

Format : CD (3 disques)
Label : Parnassus Arts Productions
Référence : non vérifiée
Année d’enregistrement : 17 au 25 août 2021, Athens Concert Hall (Megaron), salle Dimitris Mitropoulos, Athènes ; édition de 2022. La production avait été créée au Festival d’opéra baroque de Bayreuth le 3 septembre 2020 (Opéra des Margraves).
Distribution :

  • Adalgiso : Franco Fagioli, contre-ténor
  • Lottario : Max Emanuel Cencic, contre-ténor
  • Gildippe : Julia Lezhneva, soprano
  • Giuditta : Suzanne Jerosme, soprano
  • Asprando : Petr Nekoranec, ténor
  • Berardo : Bruno de Sá, sopraniste
  • Eduige : Nian Wang, soprano

Direction : George Petrou
Orchestre : Armonia Atenea (instruments d’époque)
Langue : italien

Particularité :

Production de Max Emanuel Cencic, également interprète de Lottario, issue de la production de Bayreuth. Les rôles, créés en 1738 par des chanteurs masculins, sont ici répartis entre contre-ténors, sopranos, un sopraniste et un ténor ; le disque s’appuie sur une édition moderne du livret et sur un orchestre sur instruments d’époque. Il est publié avec un livret détaillé et une longue étude du contexte historique.

Postérité :

L’œuvre a connu une résurrection scénique avec la production de Bayreuth de 2020, dont ce disque est issu. Elle illustre, comme l’observe le livret du disque, un opéra seria qui traite de la famille plutôt que de politique, à l’aube de l’âge du sentiment.

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