Format :
- Dramma per musica en 3 actes.
- Musique : Giovanni Battista Pergolesi (1710-1736)
- Livret : Pietro Métastase (1698-1782)
- Langue : italien
Création :
8 (ou 9) janvier 1735, Teatro Tordinona, Rome.
Dernier dramma serio de Pergolesi, commandé pour le carnaval romain, probablement grâce à l’entremise du duc de Maddaloni, son protecteur. Faute de temps, le compositeur réutilise ou paraphrase plusieurs airs d’Adriano in Siria (dont l’air de comparaison « Torbido in volto e nero ») et supprime les chœurs du livret, les femmes étant exclues de la scène romaine : Aristea, Argene, Licida et Megacle furent chantés par des castrats (Mariano Nicolini, Giovanni Tedeschi, Francesco Bilancioni, Domenico Ricci). L’accueil fut mitigé — la tradition parle d’un fiasco —, la production ayant souffert d’une mise en scène hâtive, des difficultés financières de l’impresario et du deuil de la princesse Clementina Sobieska, qui entraîna la fermeture des théâtres le 17 janvier. L’œuvre fut retirée de l’affiche le 5 février.
Livret :
L’Olimpiade de Métastase, écrit pour Antonio Caldara (Vienne, 1733), est l’un des livrets les plus mis en musique du XVIIIe siècle. Inspiré de la Grèce antique, il fait de l’amitié entre Licida et Megacle l’axe d’une intrigue d’identités échangées et de reconnaissance finale.
Intrigue :
- Acte I : Près d’Olympie, le prince crétois Licida, qui aspire à la main d’Aristea, fille du roi Clistene, persuade son ami Megacle, qui lui doit la vie, de concourir aux jeux sous son nom. Megacle accepte, avant de comprendre que la récompense du vainqueur est Aristea, celle qu’il aime et dont il est aimé. Argene, délaissée par Licida, est là sous les traits de la bergère Licori.
- Acte II : Megacle l’emporte au nom de Licida. Il avoue la supercherie à Aristea, qui s’évanouit, puis disparaît, désespéré ; on le croit noyé. Aristea repousse Licida, qui, découvert, est condamné à l’exil.
- Acte III : Megacle, sauvé des eaux, retrouve Aristea. Licida, ivre de rage, a attenté à la vie du roi et est condamné à mort. Au moment du sacrifice, Argene révèle sa véritable identité et une chaîne prouve que Licida est Filinto, le fils perdu de Clistene et frère jumeau d’Aristea. Le peuple l’acquitte ; Aristea épouse Megacle et Argene retrouve Licida.
Enregistrement(s)

Marco Armiliato — 1992
Format : 2 CD
Label : NAR Classical (enregistrement également attribué à Arkadia / Agorá Musica)
Référence : non vérifiée
Année d’enregistrement : 1992 (enregistrement public)
Distribution :
- Clistene : Ernesto Palacio, ténor
- Aristea : María Angeles Peters
- Argene : Giovanna Manci
- Licida : Adelaida Negri
- Megacle : Lucetta Bizzi
- Aminta : Raimundo Mettre, ténor
- Alcandro : Irena Zaric, contralto
Direction : Marco Armiliato
Orchestre : Orchestre philharmonique d’État de Transylvanie (Cluj)
Langue : italien
Particularité :
Enregistrement public réalisé en Transylvanie avec un orchestre d’instruments modernes, dans la lignée des premières intégrales de l’œuvre ; les rôles écrits pour castrats y sont confiés à des voix féminines.

Alessandro De Marchi — 2011
Format : 2 CD
Label : Deutsche Harmonia Mundi
Référence : 88697807712
Année d’enregistrement : enregistrement public après la production de 2010 au festival de musique ancienne d’Innsbruck (publié en 2011)
Distribution :
- Clistene : Jeffrey Francis, ténor
- Aristea : Raffaella Milanesi, soprano
- Argene : Ann-Beth Solvang, soprano
- Licida : Jennifer Rivera, mezzo-soprano
- Megacle : Olga Pasichnyk, soprano
- Aminta : Markus Brutscher, ténor
- Alcandro : Martin Oro, contre-ténor
Direction : Alessandro De Marchi
Orchestre : Academia Montis Regalis (instruments d’époque)
Langue : italien
Particularité :
Lecture sur instruments d’époque tirée d’une production du festival d’Innsbruck (2010) ; la même équipe de direction en donna ensuite une version scénique filmée (2013).

Giulio Prandi — 2026
Format : 2 CD
Label : Arcana
Référence : A598
Année d’enregistrement : 21 et 23 novembre 2025, Teatro Pergolesi, Jesi (publié en 2026)
Distribution :
- Clistene : Anicio Zorzi Giustiniani, ténor
- Aristea : Carlotta Colombo, soprano
- Argene : Silvia Frigato, soprano
- Licida : Josè Maria Lo Monaco, mezzo-soprano
- Megacle : Theodora Raftis, soprano
- Aminta : Matteo Straffi, ténor
- Alcandro : Francesca Ascioti, contralto
Direction : Giulio Prandi
Orchestre : Orchestra Ghislieri
Langue : italien
Particularité :
Enregistrement live tiré de la production de Fabio Ceresa pour la 58e saison lyrique du Teatro Pergolesi de Jesi. Version coupée : quelques scènes courtes sont supprimées (airs d’Argene « Più non si trovano » et « Fiamma ignota », air d’Aristea « Grandi, è ver, son le sue pene ») et certains numéros ne sont conservés que dans leur première partie, ce qui ramène l’œuvre à environ 2 h 20.
Postérité :
Malgré un début décevant, L’Olimpiade connut une longue popularité, due moins aux reprises scéniques, rares, qu’à la multitude de copies manuscrites de la partition et d’airs détachés. L’air de Megacle « Se cerca, se dice » et le duo « Ne’ giorni tuoi felici » devinrent des modèles pour les compositeurs suivants ; Rousseau cite le duo dans son Dictionnaire de musique comme exemplaire. Les airs d’Aristea, d’Argene et de Licida (« Mentre dormi Amor fomenti ») furent également très admirés jusqu’au XIXe siècle.

Laisser un commentaire