Note personnelle : ,

Pergolesi, Giovanni Battista — Il prigionier superbo (1733)

Format :

  • Opera seria en 3 actes, avec intermezzo comique La serva padrona en 2 parties, donné entre les actes.
  • Musique : Giovanni Battista Pergolesi.
  • Livret : attribué à Gennaro Antonio Federico, d’après le livret de Francesco Silvani pour La fede tradita e vendicata de Francesco Gasparini (1704).
  • Langue : italien.

Création :

5 septembre 1733, au Teatro San Bartolomeo, Naples.
Pergolesi a vingt-trois ans. Après Salustia (1732), cet ouvrage est son deuxième opera seria. Commandé pour célébrer l’anniversaire de l’impératrice Élisabeth-Christine, il marque la réouverture des théâtres de Naples après le tremblement de terre. Le jeune compositeur y déploie un langage napolitain où la virtuosité vocale se combine à une grande sensibilité mélodique. Les entractes accueillent un intermezzo bouffe, La serva padrona, qui connaîtra bientôt un succès européen et éclipsera l’opera seria qui l’avait vu naître.

Livret :

Le livret, attribué à Gennaro Antonio Federico, reprend l’argument de La fede tradita e vendicata de Silvani, tragi-comédie d’intrigue dynastique et amoureuse. L’action se déroule dans un royaume du Nord : un roi usurpateur, une princesse pris entre deux prétendants, des rois et des princes aux liens enchevêtrés, des déguisements et des revirements, jusqu’au dénouement heureux obligé de l’opera seria.

Intrigue :

  • Acte I : Sostrate, qui avait tué le roi Clearco et s’était emparé du trône de Norvège, est renversé par Metalce, roi des Goths. Celui-ci projette d’épouser Ericlea, fille de Clearco, et promet Rosmene, fille de Sostrate, à son allié Viridate, prince de Danemark, qui l’aime déjà. Ericlea, déchirée entre son amant Micisda, prince de Bohême, et le souci de protéger le royaume, surprend Metalce courtisant Rosmene et entraîne Micisda dans un complot de vengeance.
  • Acte II : Metalce offre la liberté à Sostrate, qui exhorte sa fille à repousser le roi des Goths. Viridate, apprenant par Ericlea que Metalce est son rival, est renvoyé au Danemark. Metalce propose de rendre son royaume à Sostrate s’il persuade Rosmene, mais celui-ci refuse ; lorsque Viridate tire l’épée pour le défendre, les deux hommes sont condamnés à mort. Rosmene, à qui l’on laisse le choix de sauver l’un d’eux, nomme Viridate.
  • Acte III : Ericlea et Micisda montrent aux prisonniers les préparatifs de noces et l’arrêt de mort, ce qui leur fait dénoncer la trahison de Rosmene. Ericlea convainc ensuite Metalce que Viridate a accepté de renoncer à Rosmene contre l’exil, afin que Rosmene et Sostrate acceptent son offre. Une insurrection éclate, dont Micisda est chargé de venir à bout ; les troupes de Sostrate et de Viridate renversent la situation. Sostrate est couronné roi, Metalce se repent, Ericlea l’accepte et Viridate comprend que Rosmene avait agi sous la contrainte.

Enregistrement(s)

Marcello Panni — 1998

Format : CD (2 disques : 72’10 et 78’16)
Label : Bongiovanni (collection « Novità del Passato »)
Référence : GB 2221/2-2
Année d’enregistrement : 27 et 28 septembre 1997, en public, au Teatro Comunale G.B. Pergolesi, Jesi (Stagione Lirica 1997) ; parution du disque vers 1998.
Distribution :

  • Sostrate : Ezio Di Cesare, ténor
  • Rosmene : Lucia Rizzi, alto
  • Metalce : Adriana Cicogna, alto
  • Ericlea : Gabriella Morigi, soprano
  • Viridate : Angelo Manzotti, sopraniste
  • Micisda : Alessandra Rossi, soprano
  • Uberto (La serva padrona) : Bruno De Simone, basse
  • Serpina (La serva padrona) : Elisabetta Scano, soprano
  • Vespone (La serva padrona, rôle muet) : Cecilia Mancia

Direction : Marcello Panni
Orchestre : Orchestra Filarmonica Marchigiana
Langue : italien

Particularité :
Captée sur le vif lors de la reprise de l’opera seria au Teatro Pergolesi de Jesi, cette version repose sur une partition révisée par Marcello Panni et un orchestre moderne, l’Orchestra Filarmonica Marchigiana. Le disque reproduit l’organisation de 1733 : les deux parties de l’intermezzo La serva padrona (avec Bruno De Simone et Elisabetta Scano) sont insérées entre les actes, de sorte que les deux disques rendent le rythme d’une soirée napolitaine. La distribution italienne réunit des voix graves de contralto pour les rôles de Rosmene et de Metalce (en travesti), le sopraniste Angelo Manzotti pour Viridate, rôle conçu pour un castrat, et Ezio Di Cesare pour le tenor Sostrate.

Postérité :

Accueilli sans enthousiasme en 1733, Il prigionier superbo est vite oublié, tandis que l’intermezzo La serva padrona conquiert l’Europe et est souvent donné seul. L’opera seria ne reparaît qu’à la fin du XXe siècle : reprise à Jesi en septembre 1997 dans la révision de Marcello Panni (enregistrée par Bongiovanni), puis nouvelle production au même théâtre en septembre 2009, d’après l’édition critique de Claudio Toscani, dans une mise en scène de Henning Brockhaus sous la direction de Corrado Rovaris, captée en vidéo par Arthaus Musik.

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