Format :
- Intermezzo comique en 2 actes (commedia musicale), attribué à Pergolesi.
- Musique : pasticcio publié sous le nom de Giovanni Battista Pergolesi, mais constitué pour l’essentiel de la musique de l’Orazio de Pietro Auletta ; seuls deux airs (« Son timida fanciulla », « Non vo’ più dargli ascolto ») et un duo (« Venite, deh siate gentile ») sont tenus pour authentiques.
- Livret : repris du livret d’Orazio (musique de Pietro Auletta, 1737) ; texte en italien, avec des tournures populaires napolitaines.
- Langue : italien.
Création :
1752, Paris (première attestation sous le titre Il maestro di musica).
L’ouvrage est un pasticcio qui circule sous le nom de Pergolesi bien après sa mort en 1736, à l’âge de vingt-six ans. Il est joué à Paris en 1752 comme intermezzo, dans le sillage du succès de La serva padrona et de la « querelle des Bouffons », puis publié à Paris en 1753 sous le nom du compositeur. Le fonds principal en est l’Orazio de Pietro Auletta, créé en 1737, que d’autres musiciens ont ensuite remanié et complété, de sorte que la même partition a été attribuée à Galuppi, à Latilla et à Pergolesi. Le Grove range aujourd’hui l’ouvrage parmi les apocryphes.
Livret :
Le livret met en scène le monde du théâtre musical : un maître de musique, une élève et un personnage bouffon, selon un schéma que la comédie italienne affectionne depuis les intermezzi napolitains. Sa verve repose sur la caricature de la vie musicale, des leçons de chant ridicules, des prétentions artistiques et des rivalités entre maîtres et élèves, avec un langage qui emprunte au dialecte napolitain.
Intrigue :
- Acte I : Après une introduction, Lauretta, la jeune élève, chante ses espoirs et ses caprices dans plusieurs airs, tandis que Colagianni, personnage bouffon et grotesque, fait valoir ses prétentions dans un air de bravoure. L’acte s’achève sur un terzetto qui réunit les trois protagonistes.
- Acte II : Lamberto, le maître de musique, entre en scène avec un air d’autorité, suivi d’une série d’airs de Lauretta et d’un duo entre l’élève et son maître. Un finale conclut la comédie par une réconciliation générale, dans l’esprit de l’opera buffa. Les détails de l’intrigue varient selon les versions de l’ouvrage.
Enregistrement(s)

Wilhelm Keitel — 1999
Format : CD (1 disque, 54’51), couplé avec Il maestro di cappella de Cimarosa
Label : Arte Nova Classics (collection « Putbus Edition »)
Référence : 74321 72121 2
Année d’enregistrement : 1999 (copyright ℗ 1999, © 2000), lors du Putbus Festival (île de Rügen, Allemagne) ; parution en mars 1999.
Distribution :
- Lauretta : Karen Antja Vogel, soprano
- Lamberto : Timothy Simpson, ténor
- Colagianni : Christian Tschelebiew, baryton-basse
- Récitant : Ezio Maria Tisi
Direction : Wilhelm Keitel
Orchestre : Putbus Festival Orchestra et Putbus Festival Chorus
Langue : italien
Particularité :
Le disque, issu du Putbus Festival, accouple deux intermezzi bouffes consacrés au monde de la musique, Il maestro di cappella de Cimarosa (19’30, extraits) et Il maestro di musica (35’09), où chanteurs et chefs d’orchestre sont les personnages. L’intermezzo y est donné avec un récitant, Ezio Maria Tisi, qui remplace les dialogues parlés, à côté de Karen Antja Vogel, Timothy Simpson et Christian Tschelebiew. Wilhelm Keitel dirige l’orchestre et le chœur du festival dans un esprit de spectacle.
Postérité :
Publié à Paris en 1753 sous le nom de Pergolesi, Il maestro di musica a profité de la gloire posthume du compositeur de La serva padrona, avant que la musicologie ne le replace dans l’héritage de l’Orazio de Pietro Auletta. Il témoigne de l’effet de la légende pergolésienne sur la circulation des partitions d’intermezzi, et reste donné ou enregistré pour son charme bouffon. Il a connu plusieurs enregistrements, dont une version suédoise dirigée par Lamberto Gardelli avec Elisabeth Söderström (Swedish Society, 1988).

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