Format :
- Commedia per musica (opera buffa) en 3 actes.
- Musique : Giovanni Battista Pergolesi.
- Livret : Gennaro Antonio Federico, librettiste napolitain, auteur du texte en italien et en dialecte napolitain.
- Langue : italien et napolitain.
Création :
1735, au Teatro Nuovo, Naples.
Pergolesi a vingt-cinq ans. Il a déjà donné Lo frate ‘nnamorato (1732) et le célèbre intermezzo La serva padrona (1733), et vient de composer ses opéras seria Adriano in Siria et L’Olimpiade. Il Flaminio est son dernier opéra : le compositeur, miné par la tuberculose, meurt à Pozzuoli en mars 1736. La partition prolonge la veine de la comédie napolitaine en dialecte, mais avec une musique d’une sensibilité nouvelle, où les récitatifs secs et les airs da capo hérités de l’opera seria s’allient à des couleurs populaires, comme une courte tarentelle orchestrale.
Livret :
Gennaro Antonio Federico, qui avait signé avant lui le livret de La serva padrona et de Lo frate ‘nnamorato, construit une comédie d’intrigue dans la tradition napolitaine : déguisements, quiproquos amoureux, couples de maîtres et de serviteurs. Il mêle les personnages nobles, qui chantent en italien, aux rôles populaires, qui s’expriment en dialecte, selon un usage propre aux théâtres napolitains de l’époque.
Intrigue :
- Acte I : Dans la villa napolitaine de Polidoro, riche viveur, vivent sa sœur Agata, fiancée à Ferdinando, et la jeune veuve Giustina, dont Polidoro est amoureux. Son assistant, un jeune homme que l’on connaît sous le nom de Giulio, n’est autre que Flaminio, amant de Giustina, qui s’est introduit dans la maison sous un faux nom. Agata s’éprend du séduisant Giulio et délaisse Ferdinando, tandis que Checca, la suivante de Giustina, et Vastiano, le valet de Polidoro, nouent leur propre intrigue.
- Acte II : Les malentendus se multiplient. Giustina, qui a reconnu son amant, se retrouve avec lui dans l’un des grands moments de la partition, le duo de la reconnaissance « Se spiego i sensi miei ». Polidoro continue de poursuivre la veuve et prétend triompher de son rival.
- Acte III : Flaminio révèle sa véritable identité et retrouve Giustina. Agata revient à Ferdinando, Checca épouse Vastiano, et Polidoro, éconduit, repart seul vers ses plaisirs.
Enregistrement(s)

Marcello Panni — 1983
Format : CD (3 disques : 49, 54 et 50 minutes)
Label : Fonit Cetra (réédité sous l’étiquette Warner Fonit)
Référence : CDC 39
Année d’enregistrement : 12 novembre 1983, en public, au Teatro G.B. Pergolesi, Jesi, dans le cadre du festival « Opera Omnia G.B. Pergolesi » ; parution en 1989.
Distribution :
- Polidoro : Gennaro Sica, ténor
- Flaminio : Daniela Dessì, soprano
- Giustina : Elena Zilio, mezzo-soprano
- Agata : Fiorella Pediconi, soprano
- Ferdinando : Michele Farruggia, ténor
- Checca : Valeria Baiano, soprano
- Vastiano : Silvano Pagliuca, basse
Direction : Marcello Panni
Orchestre : Orchestra del Teatro di San Carlo di Napoli
Langue : italien (avec passages en dialecte napolitain)
Particularité :
Captation publique réalisée à Jesi, ville natale de Pergolesi, lors de la première édition intégrale de ses œuvres, cette version est établie par Marcello Panni lui-même, qui en a revu la partition. Elle est confiée à l’orchestre du San Carlo de Naples, garant d’une certaine tradition napolitaine, et réunit une distribution italienne portée par Daniela Dessì dans le rôle en travesti de Flaminio, aux côtés d’Elena Zilio, Gennaro Sica et Silvano Pagliuca. Documentaire plus que version de référence, cette gravure d’époque fait entendre une comédie musicale du premier XVIIIe siècle encore très peu jouée à l’époque.
Postérité :
Accueilli dès sa création par un grand succès, ce qui est rare dans la brève et difficile carrière de Pergolesi, Il Flaminio reste à l’affiche jusqu’en 1750. L’ouvrage tombe ensuite dans l’oubli, avant d’être redécouvert à Jesi à l’occasion de l’édition de ses œuvres complètes, dont cette gravure de 1983 est un témoignage. Il a connu une nouvelle production à Jesi en 2010, pour le tricentenaire du compositeur, dirigée par Ottavio Dantone avec l’Accademia Bizantina dans une mise en scène de Michal Znaniecki et filmée pour la vidéo. La critique y salue la grâce du duo de la reconnaissance et l’inspiration des deux rôles principaux, tout en jugeant le mélange de l’intrigue bouffe et du style seria parfois mal équilibré.

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