Format :
- Serenata (« azione drammatica ») en deux parties, pour quatre voix, chœur et orchestre.
- Musique : Johann Christian Bach (catalogue Warburton W G 15).
- Livret : Pietro Metastasio, avec modifications et ajouts de Giovanni Gualberto Bottarelli.
- Langue : italien
Création :
6 avril 1772, Londres, King’s Theatre (Haymarket).
Bach, installé à Londres depuis 1762 et compositeur très en vue de la vie musicale londonienne, donne cette serenata sous forme de concert. Cecilia Grassi, qui deviendra son épouse en 1773, y chante le rôle de Diana ; les autres créateurs sont Giovanni Lovattini (Endimione), Agata Carrara (Nice) et Gaspare Savoi (Amore). L’œuvre est reprise à Mannheim en 1773, avec notamment les sœurs Wendling et le ténor Anton Raaff.
Livret :
Le texte repose sur L’Endimione de Metastasio, serenata d’inspiration mythologique écrite au début du XVIIIe siècle. Bottarelli, poète officiel du King’s Theatre, l’a remanié et complété pour la scène londonienne. Le mythe d’Endymion, berger-chasseur aimé de la déesse de la chasteté, fournit un sujet galant et allégorique, bien dans le goût des fêtes de cour.
Intrigue :
- Première partie : Diana, déesse chaste de la chasse, s’éprend d’Endimione et lutte contre ses propres sentiments, tandis que le jeune chasseur hésite lui aussi à répondre à l’amour d’une divinité. La nymphe Nice, rivale d’Endimione auprès de la déesse, laisse éclater sa jalousie. Amore (Cupidon) intervient pour semer le trouble et lever les réticences des deux amants.
- Seconde partie : Sous l’influence d’Amore, les résistances de Diana et d’Endimione s’effacent et la jalousie de Nice se résout. L’œuvre s’achève par un chœur à la gloire de l’amour.
Enregistrement(s) :

Bruno Weil — 1999
Format : 2 CD
Label : Deutsche Harmonia Mundi (en coproduction avec le Westdeutscher Rundfunk Köln)
Référence : 05472 77525 2 (64 963 2)
Année d’enregistrement : 13-19 mai 1999, Studio Stolbergerstraße, Cologne.
Distribution :
- Diana : Vasiljka Jezovšek, soprano
- Nice : Ann Monoyios, soprano
- Amore : Jörg Waschinski, sopraniste
- Endimione : Jörg Hering, ténor
Direction : Bruno Weil
Orchestre : Cappella Coloniensis ; chœur : VokalEnsemble Köln
Langue : italien
Particularité :
Première mondiale au disque (« World Premiere Recording », selon la pochette). Bruno Weil y voit « une des premières opérettes », tandis que la critique y reconnaît surtout un style d’opera seria, avec airs élaborés et un humour parfois cruel aux dépens de Nice. Stanley Sadie juge l’ouverture un peu trop vive, mais salue ensuite une exécution de qualité : la Nice légère et spirituelle d’Ann Monoyios, la Diana chaleureuse de Vasiljka Jezovšek et le chant brillant de Jörg Waschinski en Amore. Weil lui-même évoque en pochette l’impression d’une œuvre de Mozart récemment découverte.
Postérité :
Longtemps négligée, la serenata, dont la riche écriture pour les vents (flûte de Johann Baptist Wendling, clarinettes) avait été admirée par Charles Burney, reste l’un des témoignages les plus séduisants du style galant de Bach à Londres. L’édition moderne de Richard Maunder (Garland, 1985) et cet enregistrement de 1999 ont permis sa redécouverte.

Laisser un commentaire