Format :
- Opéra fantastique en 3 actes.
- Musique : Carl Erik Emanuel Åkerberg.
- Livret : D’après la fable théâtrale de Carlo Gozzi (via la traduction/adaptation de Schiller).
- Langue : Suédois.
Création :
1907, en Suède.
Près de vingt ans avant le chef-d’œuvre de Puccini, Åkerberg s’attaque au mythe de la princesse de glace. Sa musique évite le vérisme sanglant pour privilégier un exotisme orchestral raffiné (influences de l’école russe et de Rimski-Korsakov), mêlant échelles orientales factices et lyrisme post-romantique suédois.
Livret :
Le livret respecte scrupuleusement la trame tragicomique de Gozzi. Il préserve les figures de la commedia dell’arte (les masques) comme contrepoint ironique à la cruauté glaciale de la princesse chinoise, offrant une dimension plus théâtrale et moins exclusivement meurtrière que la future version italienne.
Intrigue :
- Acte I : À Pékin, le prince exilé Calaf découvre la beauté de la cruelle princesse Turandot et décide de se soumettre à l’épreuve des trois énigmes, au grand désespoir de son père Timur et de son esclave dévouée.
- Acte II : La grande scène des énigmes. Au cœur de la cour impériale, Calaf affronte la morgue de Turandot et triomphe intellectuellement. Refusant une épouse récalcitrante, il lui propose à son tour une énigme : deviner son nom avant l’aube.
- Acte III : La nuit d’angoisse s’achève par le sacrifice silencieux ou l’échec de la cour à trouver le nom. Au matin, l’amour transcende la cruauté. Turandot s’avoue vaincue, non par les lois de Pékin, mais par la noblesse du prince.
Postérité :
L’ouvrage connut un accueil respectable avant de subir le sort de toutes les autres adaptations du mythe (Busoni, Bazzini) : l’anéantissement face au chef-d’œuvre posthume de Puccini. La Turandot d’Åkerberg reste néanmoins un témoignage fascinant du rayonnement européen de la fable de Gozzi au tournant du XXe siècle.

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