Format :
- Commedia per musica / dramma scenico sacro en trois actes.
- Musique : Antonio Maria Abbatini.
- Livret : Giulio Rospigliosi, futur pape Clément IX.
- Langue : italien.
Création :
6 janvier 1668, au Palazzo Rospigliosi de Rome, pendant le carnaval.
Abbatini se trouve alors au sommet de son activité théâtrale, dans une Rome où l’opéra associe spectacle, comédie, allégorie religieuse et effets scéniques. La production bénéficia de la scénographie de Gian Lorenzo Bernini et fut dirigée par Mgr Lodovico Lenzi. Tous les rôles féminins étaient alors chantés par des castrats, pratique caractéristique du théâtre romain de cette période.
Livret :
Giulio Rospigliosi avait conçu le livret pendant sa nonciature en Espagne, avant de devenir pape sous le nom de Clément IX en 1667. L’œuvre met en abyme le théâtre lui-même : la protagoniste Baltasara est une actrice qui interprète sur scène une histoire de croisade et de conversion. Le spectacle profane devient ainsi le moyen d’une méditation spirituelle sur la conversion, la vanité du monde et le salut.
Intrigue :
- Acte I : Baltasara, actrice célèbre, se trouve dans les coulisses et ressent une profonde inquiétude spirituelle. Ses collègues et les chevaliers Rodrico et Alvero la ramènent au spectacle. La représentation commence et fait entrer le public dans une seconde action consacrée aux combats des croisés et aux amours chevaleresques.
- Acte II : Le théâtre et la réalité se mêlent progressivement. Baltasara prend conscience de la vanité de sa vie d’actrice et du vide de ses succès terrestres. Les interventions du démon et les scènes de spectacle renforcent le caractère allégorique du drame.
- Acte III : Baltasara renonce finalement aux séductions du monde et choisit la voie de la conversion. L’œuvre transforme ainsi le spectacle théâtral en drame de salut : le monde de la scène, d’abord présenté comme lieu de plaisir, devient l’espace où s’accomplit la conversion de l’héroïne.
Postérité :
La comica del cielo est considérée comme l’une des réalisations les plus importantes du théâtre de Giulio Rospigliosi et comme un sommet du spectacle baroque romain. Elle fut jouée à plusieurs reprises en 1668 et connut un grand succès. Sa complexité, qui combine comédie, théâtre dans le théâtre, musique, danse, merveilleux et drame sacré, en fait un témoignage exceptionnel de la maturité de l’opéra romain du XVIIe siècle. Une importante résurrection moderne eut lieu à Glasgow en 1992, pour laquelle une nouvelle édition du texte et de la musique fut préparée. L’œuvre reste cependant très éloignée du répertoire courant.

Laisser un commentaire